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 The day that change it all [Baal] 
MessageLun 2 Juin - 16:33
Appuyé sur le comptoir de la boutique, j'observe distraitement ses parcelles d'époques figées dans le temps. Parfois sous verre, parfois simplement trop massives et simplement appuyées sur un mur, parfois si petites qu'il faut une loupe pour bien en discerner toutes les subtilités. Je connais chaque parcelles de cet endroit par cœur, sans doute même mieux que ma propre maison que je n'ai jamais véritablement pris le temps d'explorer dans sa totalité tant sa grandeur est ridiculement colossale. Nous avions besoin d'un espace imposant afin d'entreposer nos articles avant l'ouverture de la boutique. Voilà ce que mes parents m'ont répondus lorsque je leur ai posé la question il y a de ça déjà quelques années, ajoutant qu'il était hors de question de la vendre pour faire l'acquisition d'une plus petite demeure puisqu'ils l'apprécient. Même s'ils n'y sont jamais, ajoutais-je pour moi-même en mon esprit à ce moment-là. La question n'a plus jamais été évoquée. D'abord parce je n'ai pas de raisons d'argumenter à ce sujet et en ensuite parce que même si je l'aurais souhaité je n'aurais pas été en mesure de le faire. Je n'ai de nouvelles d'eux que par l’intermédiaire de nouveaux arrivages de temps à autre de provenances toujours différentes de sorte que je ne sais même pas où et comment les contacter. Je suis seul, là est la terrible vérité, seul avec Dieu depuis cinq ans. Je triture entre mes doigts la croix pendant à mon cou, murmurant instinctivement une prière à son attention, la prière de protéger ma famille, de protéger Maria qui est retourné au Mexique et Humpfrey que je n'ai pas revu depuis mes dix-huit ans. Je pris qu'il m'apporte la force de continuer tout ceci, de tenir face à chaque nouvelle journée qui se dessine devant moi dans ce monde que je ne connais point, de me protéger du mal. Amen.

Je regarde l'heure sur la vieille pendule accrochée au mur derrière le comptoir. Il est 21h. D'un pas las je me dirige vers la porte d'entrée que je verrouille, tournant la petite affichette en bois s'y trouvant afin d'afficher l'inscription 'fermer', mes pas accompagnés des cloches de la pendule ponctuant chaque heure. En temps normal, je devrais prendre le temps de compter la caisse et remplir ma paperasse, mais, comme trop souvent ,ce n'est pas nécessaire puisque comme trop souvent il n'y a pas eu un seul client. Ce n'est pas quelques chose que je trouve véritablement étonnant au vu de la disposition douteuse de la boutique que j'ai déjà critiqué, mais là encore mes parents sont restés ferme sur leur décision. Parfois des curieux entrent à l'intérieur, mais la plupart ne restent pas très longtemps. C'est à croire que je suis épeurant, ce dont je doute fortement. J'éteins les lumières derrière-moi puis active le système d'alarme avant de sortir par la porte de derrière que je verrouille à son tour.

La soirée est fraîche, le quartier calme, trop calme, et malgré tout je marche d'un pas peu pressé en direction d'une rue davantage passante où j'ai habitude d'aller prendre un taxi. Je pourrais évidemment simplement en appeler un directement à la boutique, mais cette balade de fin de journée fait du bien à mes poumons gorgés de poussière. J'en toussote d'ailleurs un peu. Je me prépare à emprunter la seconde rue de mon trajet, à la jonction d'une ruelle, lorsque je sens cette présence. Je crois d'abord à un simple passant puisqu'après tout je ne suis pas le seul habitant de cette ville bien que parfois j'en ai presque l'impression, mais me retournant, je constate que ce n'est pas le cas. Je n'ai pas même eu le temps de voir son visage, ma vue brouillée par le poing s'écrasant en plein centre du miens. Vacillant, je m'écroule au sol, le nez rongé d'une douleur suffocante, le goût âcre du sang emplissant ma bouche. J'essaie de lever les yeux, mais je n'en ai pas l'occasion. Un nouveau coup s'abat, dans mes côtes, dans mon ventre, sur ma joue, mes jambes... La panique me gagne rapidement, s'infiltrant dans mes veines qui tremblent de terreur à la simple pensé que peut-être le moment est venu pour moi de rejoindre mon dieu.

J'essaie de parler, de hurler, mais je n'y arrive pas. Je sens simplement qu'on fouille mes poches alors que je crache du sang dans une veine tentative de m'exprimer. Notre Père... Qui es aux Cieux... Je sens qu'on arrache mon crucifix de mon cou tandis que je n'arrive qu'à geindre, cloué au sol par la douleur. Que Ton Nom soit sanctifié... Que Ton Règne vienne... J'arrive difficilement à ouvrir les yeux, les sentant englué dans ce liquide aqueux qui ruisselle sur mon visage. J'arrive à voir plusieurs paires de pieds, je vois ce qui semble être la silhouette d'un homme au loin et je n'arrive pas à demander à l'aide. Aidez-moi, je vous en pris... Que Ta Volonté soit faite sur la terre comme au ciel... Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour... J'ai refermé les yeux, pantelant, tentant tant bien que mal de prier à mon Dieu, crachant davantage de sang lorsque les coups ont semblé se stopper et que j'ai essayé de peine et misère de retrouver mon souffle. Pardonne nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés... Et ne nous laisse pas entrer en tentation... Ils sont partis, c'est d'abord ce que j'ai pensé, puis j'ai entrevu les silhouettes se mouvant toujours non loin, les bruits de coups et ce grand fracas. Le silence, puis ses termes qui me firent frissonner alors que j'essayais de me redresser. Ce nom. Baal. Mais délivre-nous du mal... Car c'est à Toi qu'appartiennent : le Règne, la Puissance et la Gloire... Pour les siècles des siècles... J'ai essuyé mes yeux d'une main tremblante, m'appuyant sur le mur derrière mon dos contre lequel j'ai finalement réussi à m'asseoir, puis j'ai levé les yeux et je l'ai vu. Cet homme dont je n'arrivais pas à détacher le regard, senti ce sentiment de plénitude... Amen.
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MessageMar 3 Juin - 23:06


"Je viens de naitre... Et pour me souhaiter la bienvenue, quoi de mieux qu'une foutue ruelle humide, qui pue? Marqué dans ce monde dès la naissance comme le produit d'une conscience torturée qui ne demande qu'à s'exhumer.  Bois ma force, ma violence, et convoite mes crocs et ma conscience défoncée, jusque dans les tréfonds où je te tirerai dans tous les sens du terme" telle sera ma stèle si je dois crever demain, pour n'avoir vécu qu'un jour. Et parce que je suis né ici, je prends ces briques pourries comme seule route salvatrice, suivant un instinct qui me prend aux tripes, comme un animal, l'odorat titillé et les sens en éveil. Il m'appelle. Lui. Ou elle, je l'ignore, mais on m'apelle, je le sens, je le sais. Mon corps avance, un sixième sens laissant écraser mes plantes de pieds nues sur ce sol dégueulasse. Ainsi soit-il ma première bouffée d'air fut polluée, et mon âme guidée par un son douloureux, un son qui ne s'entend de personne, sauf de moi. Et j'emmerde le monde de ne pas savoir. Moi je sais. C'est par là. Mon tympan est irrité par ce ui va s'afficher comme un ennemi. Un regard, un vacillement, une main sur un mur, et je vois mon nom entre deux fissures, qui se décolle de ce tag de rue, comme une révélation, là où les autres n'auraient vu qu'une insulte anti catholique. Baal... Baal. Il résonne en mon être, il se fait plusieurs et un seul et je me l'approprie en quelques secondes, comme le clébard son collier. Il va me gratter quelques minutes le temps que je m'y fasse, mais plus tard, sans je me sentirai nu. Nu comme je suis là. Que suis-je? Dans ma mémoire, des milliers de connaissances parlant d'anges, de démons, de dieu et de milles récits, qui ne viennent pas de moi... mais je les connais, et Baal me parle. Je connais ce nom, peut-être est-ce le mien? Non pas peut-être. Maintenant, c'est le mien.

Et je me les pèle. Je continue de marcher. Un spectacle. Un carnage. Et cette frêle créature au sol. Que fait-il? Elle? Bonne question. Relève la tête que je vois ta gueule éclatée? Il ne veut pas on dirait. En même temps, je ne dis rien et je continue d'avancer. le pas sûr. Le regard droit et froid. Regarde-moi bien toi le grand con à l’œil qui dit merde à l'autre. Bientôt tu loucheras des deux yeux... Moi je n'ai pas envie de rire. *


Le grand blond penche la tête sur le coté et plisse les yeux. Il est à poil. Normal en plein Los Angeles? Un exhib à moitié défoncé? C'est ce qu'il est pour ce petit groupe d'abrutis qui le matent autant qu'ils se marrent. Mais lui ne rit pas. Son regard ambré parcourt très lentement chacun d'entre eux. Il analyse, il essaie de comprendre quel est ce jeu. Peu son regard va de nouveau sur le brun au sol, qui semble agoniser et il plisse un oeil, une main sur le ventre, comme une gêne , une douleur... L'appel vient donc de lui. Il n'a pas de seins, donc même s'il n'a pas vu son visage, Baal le voit comme un homme mais il se fout du sexe. Il sait juste qu'il est là pour lui. Et c'est suffisant. Il frolle sa levre de sa canine, sentant une colère monter doucement aux noms sublimes qu'on lui donne , et à la provocation gratuite qu'il subit, passif et patient. Dans ses yeux une lueur... malsaine, sombre ... animé... Oh oui vous ne voulez pas savoir ce qui s'y trame. Un léger sourire en regardant le plus grand, un haussement de sourcil et il se met à murmurer doucement une prière chanté ... mais pas dieu... non... il est cinglé? Si seulement ...
Quelques minutes. Tout vole. Il se prend quelques coups, mais il en sourit et ça le fait grogner. Sa nervosité souriante et malsaine s'accroit et il les envoie magistralement dans le décor... Puis il se redresse, toujours à poil. Pas trés pratique tout ça. Il a toujours froid, ça l'a même pas réchauffé. Rah. C'est quoi ce monde. D'une main, il attrape un mec par la chaussure, et le tire en arrière pour le hisser dans une benne. Oui. Maman a dit, on range toujours son désordre. C'est important. Et hop là, un primate dans la boite. Le dernier finira en calbut. Il l'observe , et lui défait le jean pour l'enfiler. A ça va mieux, il va s'épargner le rhume des couilles. Il lui pique ses gros godillots, ne les lassent même pas, et hisse le corps dans la benne, avant de refermer le couvercle sans aucun tact. Chlack les doigts qui dépassent. Il n'avait qu'à pas dépasser. Et puis il n'a pas le temps. Et puis il est un peu contrarié, il a découvert là douleur, même si c'est plutôt agréable.... Peut-être est-il réellement un démon... Le sien? Il s'est retourné et l'observe de loin... qui est ce gamin... Il avance lentement , le pas calme, les phalanges en sang avant de s'accroupir devant lui. Il penche la tête sur le coté et les coudes en appui sur les genoux.

* Ces traits.... Ces courbes... cette pâleur... ce sang... regarde moi... Qui es-tu... Je te connais, je le sais... Je te ressens... Tu en perturbes jusqu'à mes battements de cœur, mais je ne sais pas le définir... J'avance ma main... Mes phalanges défoncées touchent ces mèches tâchées, et engluées de ton sang... Un sang dont l'odeur ne m'est pas étrangère... Et ce regard... c'est comme si je pouvais lire en toi chaque parcelle de tes craintes, de tes envies... je te lis sans que tu parles... Je ne les ai pas entendu eux... Pourquoi toi alors... Tu es spécial... Et... tu te meurs... *


Tout s'éclaire. Alors que son revers d'index allait lui frôler la joue, il ôte ses doigts de ces boucles et ramasse un objet sur le sol. Il l'ouvre machinalement et voit une photo , puis une carte, des papiers, et ... il penche la tête pour lire. Gabriel... Bah merde alors... Un ange..? Il tire la gueule l'ange? Et elles sont où ses ailes? RTT? Ok. Rien à foutre. Il fourre ça dans sa poche arrière, et l'attrape dans ses bras, le soulevant en grognant, sous l'effort.
"Accroche toi... J't'emmène à l’hôpital... "
Bon, il ne sait pas où c'est , mais il y va. Quelqu'un doit bien savoir merde! Il sort de la ruelle, sans aucun tact , et une jeune fille s'arrête net avec son copain au bras,  devant le duo totalement improbable.
"Par tous les saints! "
" Ah oui , c'est le cas de le dire! J'ai besoin de votre aide! "
"Bougez pas on appelle une ambulance! Posez-le ! Vous êtes blessé aussi?"
" Non, moi c'est bon... des égratignures..."
Le couple semble inquiet. C'est bien , t'as des altruistes dans ton monde, petit ange! Ca compense ces cochons de rue de tout à l'heure. Baal allonge Gabriel au sol, et se pose genoux écartés sur le bitume, derrière les épaules et la tête, qu'il surélève. Il passe ses mains dans ses cheveux pour lui dégager le visage, et le cou.
"Gabriel c'est ça? Allez , dis moi un truc. N'importe quoi"

*Nom de dieu ce qu'il est beau... Chaque centimètres qu'avalent mes pupilles me font froncer les sourcils, et j'ai l'impression d'être ailleurs , comme si le temps s'arrêtait... Il m'absorbe en lui... pourquoi... *

A tel point, qu'il ne voit pas l'ambulance arriver. Il voit le petit brun lui échapper... et prend alors conscience de ce qui se passe. On l'attrape à son tour pour le faire monter à coté du brancard. Il s’assoit sur un banc de métal sur le coté et observe ce qu'on lui fait subir... sans broncher, curieux de toutes ces choses qu'il ne connait pas. Pourquoi a-t-il la tête pleine de savoir et pourquoi ne sait-il pas ça...? Plein de question, trop de questions... Il se laisse bander les mains, sans lâcher Gabriel des yeux... L'ambulance démarre en s’ébranlant bruyamment... Baal observe... Baal apprend... Baal est inquiet... Et il se dit aussi qu'il aurait du torturer ces mecs, leur pendre les tripes aux gouttières et donner leur langue à manger aux pigeons... il se dit qu'il va descendre de cette ambulance pour aller les tirer de leur poubelle et les finir... lentement et sadiquement...








Dernière édition par Baal Strauss le Mer 4 Juin - 22:21, édité 1 fois
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MessageMer 4 Juin - 21:58

Comment est-ce possible que je me sente si bien alors que j'ai si mal? Je ne sais pas même comment j'ai réussi à me redresser ainsi, à ouvrir les yeux bien que tout me semble sombre et flou, tout sauf cet homme qui se tient non loin de moi, cet homme que je n'arrive pas à quitter des yeux malgré mon envie pressante de les fermer et dormir. Est-ce la silhouette que j'ai vu plus tôt? Est-ce un signe de dieu afin de me faire comprendre que l'heure de le rejoindre n'est pas encore arrivée, que ma sainte mission n'est pas complétée? Est-ce lui qui a envoyé cet ange me sauver? Je voudrais parler, lui demander, mais je n'y arrive toujours pas. Les mots se coincent toujours dans l'âcre goût tapissant ma gorge. Je pose la main à mes côtes douloureuses d'un geste si lent que j'ai cru que je n'y arriverais jamais. Il s'approche, se pose devant moi, et je sens vaguement mes cheveux ce mouvoir sous un contact. Je me sens sombrer, je sens la lumière se tamiser davantage. Peut-être l'ange est-il arrivé trop tard. Ce nom... Est-ce plutôt le démon qui vient me faucher? J'entends un fourmillement à mes oreilles. Ce qui semble être des mots, mais je ne comprends pas. Mes yeux sont clos et mon corps léger alors que je me sens soulever, que j'appuie ma tête contre ce corps de force brute habité et que je me laisse bercer.

Tout est noir, les fourmillements à mes oreilles distants, presque imperceptibles. Le sol est froid et dur. J'ai mal, j'ai si mal, mais il est toujours là. L'ange est avec moi, je le sens. C'est bien tout ce que je sens alors que la douleur se fait engourdissante, que le sol me semble tiède et mou soudainement, que je sens ma peau picoter par endroit. Le sol bouge sous moi alors qu'un éclair aveuglant s'acharne devant mon regard. Puis la noirceur de nouveau, ce bruit assourdissant. La douleur s'apaise et je n'arrive plus à ressentir tout ça. Je n'arrive qu'à penser à ma croix qu'on m'a arraché et qui gît je ne sais trop où, ma protection qui m'a été subtilisé. Puis, je ne pense plus. Je me sens lourd. J'ai sommeil et je me laisse aller...

Où suis-je? Est-ce que je suis mort? En est-ce fini de moi, de la solitude, de cette vie de non-sens portée de l'avant par cette croyance qui me fait office de seul point d'appui tout comme elle divise ma vie aux quatre coin du globe de par cette quête sainte que mes parents ont entrepris avant même ma naissance? Je dois savoir. J'entends des voix, des bribes de mots ponctués des bip réguliers parvenants à mes oreilles. J'essaie de bouger, mais la douleur à mes côtes me dissuade rapidement de tenter tout mouvement. Je me force à ouvrir les yeux, clignant des paupières à plusieurs reprises pour faire le point et observer la pièce dans laquelle je me trouve. Tout est blanc. Les murs, le plafond, le lit vide près de celui dans lequel je me trouve, les machines émettant ce bip incessant. Je vois une femme dans le cadre de la porte, elle aussi vêtue de blanc, un stéthoscope dans le cou. Je suis à l'hôpital? Je me souviens... Les coups, le sang et l'ange... C'est lui qui m'a sauvé, mais il n'est plus là. Il n'y a que moi dans cette âtre immaculé. J'observe la femme qui est sans doute une infirmière, qui parle avec une personne que je ne vois pas. Un médecin peut-être. Malgré mes efforts je n'arrive qu'à entendre des bribes de mots.

« Nous avons appelé... tous les noms... aucune réponse... personne... sortir demain... besoin un peu de temps... perdu beaucoup de sang... cote cassée... hémorragie interne... réussi à le stabiliser... »

Je n'y comprends rien et là encore peut-être qu'elle ne parle pas de moi. Je reporte mon regard sur le lit dans lequel je me trouve, les fils dans ma peau, la couverture soigneusement placée contre mon ventre, mon dos légèrement surélevé... mais la seule chose à laquelle je pense c'est cet ange, cet ange que je n'ai pas remercié. Merci mon Dieu d'avoir envoyé cet ange me sauver. Merci de ne pas si jeune m'avoir rappelé à vous. Je vous en prie mon Dieu, laissez-moi le voir une dernière fois, laissez-moi le remercier parce que sans lui je serais peut-être déjà auprès de vous. Pas encore. Pas si vite. J'ai besoin d'accomplir davantage encore. J'ai besoin de faire quelque chose de ma vie.
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MessageJeu 5 Juin - 22:10



*Le monde qui courait dans ma tête semble tellement différent de celui que je vois, que j'entends... dont je suis simplement témoin. La vision d'un ange chez les démons, et cette vision ne semble pas la mienne. Je ferme les yeux sous la violence de la sirène de l'ambulance qui m'explose royalement les tympans, tout frais. Aussi neuf que mes pieds, mes poumons, mes sens, et mon toucher. Je regarde cette main qu'on me nettoie. Ce contact avec cette peau douce. J'ai entendu inconsciemment qu'il me prenait pour un ange. Il semblerait que je puisse entendre ses pensées. Je n'aime pas spécialement ça. Alors je les ai bloqué peu après. Idiot... je sais de qui vient toute cette vision parfaite du monde et cette ignorance à son égard. De lui. Il m'a transmis savoir et ignorance au passage. Perplexe, dérouté, j'observe calmement ce corps sur ce brancard que deux types en blanc et bleu s'affairent à nettoyer, détectant chaque anomalie, chaque problème et je les vois se décomposer de visage au fur et à mesure que le constat se grossit. Quoi, il a un problème? Non, vous devez le sauver! C'est même pas négociable... Ils marmonnent et j'arrache ma main à l'autre bouffon roux qui sert à rien sur ma droite. *

- Va les aider toi! On s'en fout de ma main! Sauvez le , vous entendez!!
- Que lui est-il arrivé ?

- J'en sais rien! Je suis arrivé qu'il était déjà par terre. Il s'est fait agressé par cette bande de connards! Vous faites quoi là ! Il meurt bordel !!!
Baal s'était levé d'un coup. Ses tripes gueulaient l'alarme. Non, il ne pouvait pas mourir. Pas maintenant! Un des deux ambulanciers plutôt imposant l'obligea à se rasseoir.
- Et pourquoi vous êtes à moitié à poil vous aussi hein?
- Si je vous disais la vérité , vous me croiriez pas!
- Oh tu sais, on en voit de toutes les joies dans ce métier, alors quoi , t'es un exhibitionniste? On s'amuse comme on peut mon vieux.
- Déjà j'suis pas ton vieux, enfoiré, grogna Baal en se jetant sur le balaise et grognant comme un animal , ses canines devenant plus pointus... et ses yeux rougeoyants... Sauvez-le où je jure que j'vous creve tous avant de trépasser avec lui.... , gronda-t-il la voix caverneuse et rauque.
Les trois ambulanciers se figèrent. Le roux terrifié se réfugia derrière celui qui était derrière le brancard. Ils avalèrent leur salive, et le baraqué le regard de haut en bas.
- Ton nom.
- Baal.
- Baal quoi.
- J'en sais rien putain! Grogna-t-il plus fort, les pupilles injecté de sang , les rétines se dilatant. Le teint de ses mains fonça et l'ambulancier leva les mains doucement, ne cherchant même pas à se défendre.
- Philipe... il va te tuer.
- Tout va bien. C'est son daemon... C'est pour ça qu'il sait rien et qu'il est paumé et agressif... Et aussi qu'il l'a sauvé et pas agressé.
Il regarde de nouveau Baal et penche la tête, les paupières battant à la verticale comme les lézards. Le grand blond se fige et résorbe ses débuts de mutation, subjugué. Qu'est-ce que... et pourquoi lui aussi... Et... Il se recule, perdu , à la limite de la parano dans un putain de rêve psychotique. Son visage est contrarié.
- Je t'expliquerai quand ton humain sera entre de bonnes mains, on arrive. Fous toi ça.
Le gros balaise, lui jeta une couverture au visage et Baal se la posa sur les épaules.  


Quelques heures plus tard ... j'étais dans le couloir, près de sa chambre où on m'avait conduit. L'autre Daemon m'avait filé un tee shirt noir et une chemise blanche, histoire de faire un peu plus habillé. Étrange sensation, j'aimais bien celle d'être à poil. Rien qui frotte et aération totale. Chassez le naturel, il revient au galop! Conclusion, tôt ou tard , je me refoutrais à poil. Multes fois, mais pour le moment, j'étais mort d'inquiétude. Mon regard devait le montrer. Une part de moi détestait ça et j'étais de ce fait énervé. Le docteur m'expliquait ce qu'il en était. L'ambulancier lui avait expliqué notre lien avec le petit brun et elle avait compris. Pourquoi je me suis pas casser de cet endroit? Ça pue, c'est blanc et bleu pâle, morne, et c'est blindé de mecs bancales. Il devait y avoir un terme pour ça , mais je ne l'avais pas. Bibliothèque, ça , c'était l'endroit pour dégoter toutes les connaissances nécessaires. J'allais la ravager. Comment ce Gabriel peut vivre avec la moitié des informations en moins sur la vie?! Déjà , moi, avec un jour, je suis largué. Je me sens autiste. J'écoute calmement le docteur et me passe une main sur le visage, sentant un malaise me prendre aux jambes, mais je me reprends... pas le moment de merder... *

- Je vais m'en occuper, je le ramènerai... dites moi ce qu'il faut faire et je le ferai..

Il passe alors la porte de la chambre, en s'attachant les cheveux derrière la nuque avec un élastique noir épais, puis s'avance vers le lit lentement, où repose le corps du petit brun, qui semble réveiller. Les yeux acérés du jeune daemon détaille ce corps mutilé et qui avait l'air si attirant de base... Un androgyne... à qui on vient de défoncer les ailes... Si elles avaient pu être apparentes, elles auraient trainé avec sensualité au sol, entachées de sang et probablement qu'il aurait marché dessus sans faire exprès. Une de ses mains se pose sur le rebord de la barrière métallique qui délimite le lit médical et il remonte son regard sur lui, jusqu'à croiser le sien vaporeux... absent. Sa main plus forte et masculine que la sienne, se glisse le long de sa tempe pour chasser des mèches qui se vantent de gênait le visage du patient. Il passe le revers de son index sur son front et inspire profondément.
- Je suis là...
Un murmure. Un souffle réconfortant. Baal sait ce qu'il est désormais. Le lézard lui a expliqué... Il a absorbé tout le concept. Il faisait parti de cet être. Tout correspond à présent. Il vient de naitre. Il doit apprendre à vivre. Il fait nuit dehors, mais il s'émerveillera plus tard de la beauté des lumières mouvantes. Pour le moment, seul cet être compte. Il observe les courbes. Cet humain déborde de douceur, de fragilité... c'est plus fort que lui, il est attiré... Il découvre. Tous ces tubes qui pendent de son corps pur, il aimerait les arracher, mais il voit aussi les pansements, et le sang... Il était où son dieu là? Il ne pouvait rien faire pour lui? Ksss... intérieurement Baal fit une prière à un autre... Il s'accouda à la barrière du lit , mains liés, doigts enchevêtrés les uns dans les autres et ferma les yeux un coup instant... avant de coller son front à ses phalanges...
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MessageDim 8 Juin - 3:21

Bip... … Bip... … Bip... … Bip... … rien de plus que ce bip. C'est ce qui me fit tourner la tête de nouveau en direction de la porte, ce qui occasionna la vue de la femme se tenant toujours dans le cadre de porte, mais m'observant cette fois sans pour autant prononcer le moindre mot. Elle semble attendre quelque chose, un événement qui ne tarda pas à se manifester. C'est lui. C'est mon ange, mon ange qui s'approche jusqu'à ce qu'il se stoppe près du lit. Bip... Bip... Bip... Bip... Je l'observe, les traits de son visage plus faciles à détailler malgré le faible éclairage de la pièce, son regard affuté qui croise le mien, la forme massive de sa main qui s'avance en direction mon visage. Je sens mon cœur s'emballer, ma respiration s'accentuer ce qui me fait grimacer de la douleur résonnant à mes côtes au soulèvement de mon torse. Pourtant je n'en geins pas, je n'y arriverais pas. Il est là, électrifiant ma peau de son toucher, rassurant mon âme de ses quelques mots que je n'arrive pas à lui rendre. Je ne sais pas quoi lui dire. Le remercier, je dois le remercier. J'entrouvre la bouche, expiant un faible soupire qui ne se traduit pas alors que mes yeux passent de cet être divin prenant appui sur ses mains à la femme qui entre dans la pièce et se déplace jusqu'à atteindre le côté du lit qui n'est pas occupé. Elle déposa sur la table une tablette sur laquelle trône quelques papiers, sortant de sa poche une petite lampe qu'elle approcha de mes yeux, se mouvant devant eux à tour de rôle en me parlant.

« Monsieur Strauss. Je suis le docteur Scott. Vous m'entendez? »
« Oui... »

Ma voix ne semble être rien de plus qu'un murmure enroué à mes oreilles.

« Vous avez fait une hémorragie interne. Vous avez perdu beaucoup de sang et vous avez une côte cassée. Nous avons réussis à stopper l’hémorragie. Vous devrez prendre des médicaments durant environs deux mois pour votre côte. C'est le temps dont elle aura besoin pour être complètement en état de nouveau. Ce sont des médicaments pour apaiser la douleur. Vous êtes sous morphine en ce moment, mais dès que nous commencerons à réduire les doses, la douleur risque d'être plus importante et ce durant quelques semaines. Nous ne vous garderons pas ici. Vous pourrez rentrer chez vous dès demain. Nous vous gardons seulement en observation pour la nuit. Si la douleur devient vraiment insupportable une fois chez vous, ne tardez pas et revenez. »

Elle replaça la lampe dans sa poche, reprenant sa tablette en main en fixant mon ange.

« En temps normal les visites ne sont plus permises à cette heure, mais compte tenu de la situation, vous pouvez rester. Il a besoin de se reposer. Il risque d'être plus faible quelques temps. S'il y a quoi que ce soit, le bouton rouge près du lit appel l'infirmière. Monsieur Strauss, je vous retrouve demain matin pour vous donnez votre congé. »

Sur ses mots, elle sorti de la chambre en fermant la porte derrière elle, me laissant seul et pantelant près de mon sauveur, seul avec le martellement de mon cœur dans ma poitrine que je n'arrive pas à expliquer, seul avec cette paisible panique à l'idée de le faire fuir si je n'arrive pas à trouver les mots justes. Je ne sais combien de minutes de silence ont passées, combien de minutes m'ont été nécessaires à la réalisation de ce geste désespéré visant à élever ma main pour ne toucher ne serais-ce qu'une parcelle de sa peau afin de me conforter sur sa tangibilité. Ce n'est que lorsque j'ai réussi à effleurer son doigt que je me suis enfin décidé à parler.

« Je ne sais comment vous remercier pour ce que vous avez fait pour moi. Ce fut très charitable de votre part de me soustraire à l'emprise de ses hommes. Vous m'avez sans doute sauvé la vie. Je ne saurais véritablement pas quoi vous offrir en guise de ma gratitude. »

J'ai toussé, ma gorge sec véritablement irritée par le parler de mes mots, ma main délaissant ses doigts pour trouver place sur mes côtes alors que mon visage se tordait en un nouveau rictus de douleur. Merci mon Dieu d'avoir exaucé ma prière. Merci de m'avoir permit de le remercier.

« Serait-il possible de mettre un nom sur les traits de votre visage? »
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