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 [hot] Keep coming on, keep coming on. 
MessageMar 29 Avr - 10:26

echo&bilitis ₰ Running through my blood.


Elle avait dit ce qu'elle pensait et ne regrettait jamais de le faire mais la brune savait bien qu'en cet instant ses pensées étaient quelques peu confuses, chaotiques. Et malgré sa fatigue et sa position, malgré la situation, elle affronta le regard dur de ce qui semblait être finalement un Daemon, l’œil rond et neutre. Connard de Daemon, qui lui sauvait la vie. Elle avait envie de lui dire de la laisser là, de ne pas l'aider si c'était pour l'insulter. Elle avait envie de lui dire que son propre Daemon avait accomplit un geste de pur égoïsme. Que les Daemons ne sont rien d'autres que des Humains, et que tout le monde est égoïste dans le fond: c'est la nature humaine. Voilà un Daemon bien amer. Bilitis se contenta de hausser vaguement les épaules comme si elle s'en moquait: elle n'offrit qu'une face entre la profonde indifférence et la souffrance à Echo, préférant économiser ses forces. Non, ce n'était pas un connard d'humain. C'était pire: un connard de Daemon, de ceux qui vous collent, vous pourrissent la vie et en vous abandonnant, vous tuent à petit feu. Connards de Daemons; elle les détestait tellement depuis la mort du sien, et sa propre condamnation tacite.

Pourtant il l'aida à se remettre debout, comme il l'avait aidé à faire passer sa crise d'insuffisance, éveillant en elle un sentiment contraire entre la reconnaissable et le mépris. La brune ne pesait presque rien, grand oiseau échassier tout en jambes, maigre plus que svelte, le corps sec et le muscle plus dur qu'on aurait pu le penser. Son sauveur avait également plus de force qu'elle ne se l'était figuré de prime abord et elle lui laissa de bon cœur les rênes de l'opération, se soutenant à lui, la tête dodelinante, le corps épuisé par la crise. Le taxi qui passa devant eux sans s'arrêter ne lui fit aucun effet; si elle avait été dans son état normal, elle aurait surement vociféré des tas d'insultes et appelé une compagnie de cabs, ou fait levé un de ses sexfriends à deux heures du matin pour venir la chercher, capricieuse et colérique qu'elle était. Mais là elle n'était qu'une poupée cassée à la vision flou et au corps mou et tendre.

Il faisait froid, à présent. La nuit couvrait pleinement le ciel, noir d'encre de chine sans jamais être de nuit totale: il ne faisait jamais nuit à la Cité des Anges, entre néon multicolore et éclairage public. Il n'y avait plus d'étoiles à Los Angeles, en dehors de celles du Walk of Fame. Et elle, elle avait mal au ventre; elle voulait rentrer. Elle sen sentait seule, même accompagnée. Elle se serra plus fort contre le Daemon malgr toute sa colère contenue pour lui et quand il l'écarta de lui en lui signifiait qu'il allait se transformer, elle le regarda sans rien dire, interdite: Bilitis ne savait presque rien des Daemons, elle qui avait perdu le sien en s’étant évertuée à l’ignorer. Alors voir ce corps juvénile s'allonger, se ramasser et se couvrir de cuir sombre... elle déglutit de manière sonore, un peu intimidée par l'animal qu'elle n'avait jamais vu: elle ne savait même pas ce que c'était, si ce n'était une sorte de taureau. N'est-ce pas? Une sorte de taureau.

La scène devint complètement surréaliste d'un coup: l'animal lui tendit ses cornes pour la faire monter sur son dos, contre l'arrête dur de sa colonne vertébrale. Il sentait mauvais: Bilitis détestait l'odeur musquée, forte et piquante des animaux en général mais elle avoua sans peine que celle de cet espèce de taureau était encore plus repoussante que la fragrance dégoutante des chiens. Pourtant, la peur disparaissait rapidement; pas le temps d'avoir peur et sous ces yeux noirs restait le regard d'un homme, elle le savait. Grimpant sur Echo comme elle le pouvait, elle lui toucha le mufle avant de monter, le caressant un peu comme pour découvrir une nouvelle sensation: elle détestait les animaux, et paradoxalement ne les connaissait pas du tout. Voyager ainsi... et pourquoi pas en chameau!

Le temps passa sur cette étrange équipée et aucun taxi ne passa; ils firent le trajet jusqu'à West Hollywood en évitant l'agitation de Sunset Strip, passant par les petites artères. Plaquée contre l'animal, Bilitis avait honte, se sentait mal à l'aise. Vraiment... elle, sur le dos d'un grand taureau en plein West Holywood? Le destin devait avoir prit un rail de coke avant de choisir cette scène. Elle s'en souviendrait surement toute sa vie; ou pour ce qu'il en restait. Dépassant Piazza del Sol, le singulier duo arriva devant bloc d'appartements de luxe à la façade blanche historique, l'entrée pavée de palmiers et de pierres. Hacienda Arms Apartments puait le luxe à tout les étages, correspondant bien au mode de vie décadent de Bilitis et de sa famille, par ailleurs. Elle glissa au bas d'Echo, ne voulant pas se faire remarquer.

"J'habite au dernier", fit-elle en soupirant.

La jeune femme ouvrit la bouche pour dire quelque chose mais rien ne vint. Avorter ses paroles n'était pas spécialement son genre mais ce soir elle n'était pas dans son assiette. Elle attendit que le jeune homme reprenne forme humaine, s'aidant d'un palmier de passage pour se soutenir et retrouver sa lucidité, cherchant ses clefs dans sa petite pochette hors de prix.

"Monte un instant, tu veux?"

Pas de merci, pas de s'il te plais. La brune arriva dans le hall d'entrée, ses talons aiguilles tiquetant sur le marbre comme des griffes de chat, cherchant l'ascenseur. Ici et là. Les distances étaient difficiles à estimer et elle était encore un peu ivre, à bien l'avouer. Même l'ascenseur respirait l'argent et plus encore. Tout ici semblait hors de prix, travaillé, réservé à une élite sociale et financière. Une élite dont cette épave branlante qu'était Bilitis faisait partie. Dans l'ascenseur, elle ne trouva rien à dire et glissant dans le couloir, elle déverrouilla la porte de son appartement pour y faire entrer le jeune homme, le faisait entrer dans un loft à la décoration épurée et résolument moderne qui avait cependant des allures de garçonnière tant il y avait ici quelque chose de froid et d'impersonnel derrière le luxe et la beauté.

Pas d'animaux, pas de photographies; quelques toiles abstraites de quelques artistes de la ville, de new-yorkais en en vogue aux signatures agressives. Du blanc, du noir, du rouge. Un bar en teck luisant, un canapé en cuir profond. Une lumière qui n'avait rien de franc, mais agréablement tamisé, reposait les yeux dans le grand salon dont l'immense véranda donnait sur toute la ville. De là, les habitations ressemblaient à de petites fourmilières lumineuses.

"Tu veux boire quelque chose?", demanda Bilitis à Echo en se dirigeant vers le bar, déposant sa pochette sur le zinc et virant ses talons dans un coin, les abandonnant au sol pour rester pied nus.

La Détachée se servit un verre d'eau, le buvant à grande goulée; cela lui délia un peu plus l'esprit et posant une main dans le bas de son dos tandis qu'elle respirait profondément, son visage reprit des couleurs. Et pourtant, toujours pas de merci. Toujours rien que cette attitude entre indifférence et le bravache, matinée d'un immense besoin de soutien en filigrane d'une trop grande fierté. Bilitis tourna son regard sombre vers Echo, attendant qu'il dise quoi que ce soit.
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Dernière édition par Bilitis E. Aulin-Smith le Dim 11 Mai - 12:28, édité 3 fois
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MessageDim 4 Mai - 15:43
Keep coming on, keep coming on.
Bilitis ∞ Echo

L'auroch avançait dans les rues, alternant un trot pesant qui ébranlait le macadam et un pas décidé. La forme était impressionnante, les gigantesques cornes auraient pu embrocher un homme. Bilitis sur son dos pesait à peine le poids d'une poupée de chiffons. La bête placide avançait vaille que vaille, afin de l'amener en sûreté. Par bonté d'âme ? Peut-être un peu, au fond. Il ne pouvait simplement pas la laisser comme ça.

Echo transformé en énorme bête à cornes ne savait pourtant pas trop pourquoi est-ce qu'il s'impliquait autant pour un humain. Ces humains méprisables, détestables, faibles et stupides. Il n'aimait pas le genre humain, trop souvent blessé par ces derniers, même inconsciemment. Pourtant, Bilitis avait réellement eu besoin de lui. Pas de quelqu'un : de lui. C'était peut-être naïf ou idiot, mais il n'avait pas pu la laisser seule, pas dans son état. Fermer les yeux, se boucher les oreilles et continuer sa vie comme si de rien était.

Finalement, ils arrivèrent en vue de la magnifique résidence quasiment mythique. Tout ici était d'un luxe dans lequel Echo ne se sentait curieusement pas dépareillé. Il lui semblait qu'il était bien plus fait pour ce décor qu'aucun autre. Etait-ce un remugle de son Lié ? Le Daemon aimait le luxe, plus que toute autre chose et il laissa son maigre fardeau brun descendre de son dos dans un soupir animal, son gros mufle humide tourné vers la résidence. Bientôt, à la place de l'auroch, se tint de nouveau un jeune rouquin aux cheveux désordonnés qui vint aider un instant Bilitis à se décoller du palmier en lui donnant le bras quelques secondes, le temps d'arriver à la porte.
Monter ? Pourquoi pas, il n'avait rien de mieux à faire. Il n'avait rien mangé, juste bu un verre. Alors pourquoi ne pas se faufiler dans cet écrin luxueux avant de retourner à son angoisse et à sa solitude ?

Pénétrant l'Hacienda, il retint quelques secondes son souffle, suivant Bilitis. Il aurait dû vivre ici. Il aurait dû être à sa juste place : près de Candel, vautré entre le luxe, le champagne et les diamants. Bilitis ferma la porte de son appartement derrière lui et il se sentit de nouveau à sa place. Cet endroit épuré lui rappelait l'appartement, plus entrevu que vu, de son Lié.

"Une vodka, si t'as. Sinon n'importe, je m'en fous." Répondit-il en haussant une épaule nonchalante, rôdant près de la baie vitrée et des tableaux résolument abstraits. Son appartement, pourtant correct, lui donnait l'effet d'un taudis infâme - aidé par le fait qu'il n'y avait jamais fait le ménage et qu'il ne l'avait jamais rangé... Sifflant légèrement alors qu'il contemplait la ville endormie, il ajouta un "Jolie vue." campé devant la baie vitrée, se découpant sur la vitre qui renvoyait la pièce en miroir.

"Ca va mieux ?" Fit-il finalement, au bout d'un moment à rêvasser, dans son monde, en se tournant vers la brune. Elle semblait des plus fragile, un simple coup de vent aurait pu l'envoyer balader. Pourtant, elle avait repris des couleurs. "T'es moins pâle." Fit-il en s'approchant d'elle, la détaillant, critique. "Tu devrais pas dormir ou j'sais pas quoi ?" Il sourit, plus gentiment en vérité que par méchanceté. Elle avait passé une dure épreuve, et le stress retombant, lui aussi. Cependant, cela irait pour lui :parce que ça allait toujours.
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MessageDim 4 Mai - 16:26

echo&bilitis ₰ Running through my blood.

La descente avait été rude; les mélanges qu'elle avait fait lui nuisaient et bien que le sachant très bien, Bilitis continuait de maltraiter son cœur et son corps dans l'espoir de ne pas devenir un légume comme les autres Détachés. Avec cette folle espérance de ne pas devenir apathique, tout en espérant se donner la mort. Elle était tellement paradoxale. L'eau ingéré et le calme de son appartement épuré lui firent du bien et avec un soupir d'aise la brune retrouva un semblant de tranquillité, bien qu'elle avait encore un peu de mal à respirer: ses bronches étaient encore douloureuses, sa gorge brûlait. Purtant elle reprenait des couleurs, presque malgré elle. Mais Bilitis se fanait petit à petit, invariablement: elle était en sursis et le savait. C'était précisément pour cette raison qu'elle mettait le feu à sa vie d'une telle façon. Parce que quitte à mourir, ce devrait être plutôt dans les flammes que dans les odeurs d'urine et de vomi. C'était un défi lancé à elle-même; une prière adressée à un dieu en lequel elle n'avait plus aucune foi. Comme ça, pour voir. Pour vivre encore un peu tout en cherchant la mort, encore un peu chaque soir.

L'appartement tait calme. Le garçon qu'elle connaissait peu rôdait déjà près de la baie vitrée, son regard un peu absent centré sur les lumières de la ville. Elle voyait son reflet dans les grandes fenêtres: il avait cet air dégingandé qu'on les très grands adolescents toujours mal coiffés, cette moue constante et ces yeux un peu torves. Il était beau, dans son genre; ses cheveux lui faisaient une courte crinière et elle se perdit dans le contemplation de son dos, de la base de sa nuque gracile, pour un garçon. Son verre épais encore à la main, Bilitis ne dit rien lorsqu’il accepta une vodka, continuant à le regarder en s’imaginant tromper son ennui du soi avec lui.

"Moi aussi", répondit-elle tout de go en continuant de le regarder, quand il lui vanta la vue.

Elle ne savait si le vague sourire qu'il lui inspirait était libidineux ou attendri. Ce type-là lui avait sorti une sacre épine du pied, cette nuit. La brune s'accouda au bar, cherchant un verre et des glaçons pour les noyer sous quelques décilitres de vodka fraiche. Le fond du verre tait épais, comme elle l'aimait, et les glaçons se mirent à tintinnabuler contre le bord en une mélodie familière. Bilitis alla vers Echo, derrière lui, et lui tendit son verre sans rien dire; un sourire trônait sur son visage: il avait la tristesse des sourires de ces gens qui en offrent sur commande, la délicatesse à la commissure des lèvres comme les rictus des manipulateurs à la petite semaine qui pensent contrôler tout leur univers et qui savent très bien que leur vie n'est qu'un château de cartes.

"Ne t'en fais pas", répondit-elle sans vraiment s'attarder.

Parce qu'elle aimait se plaindre, Bilitis, se faire entendre. Elle avait repoussé tous les êtres qu'elle aimait pour leur épargner de la souffrance, mais elle se sentait seule. Alors la présence de ce jeune homme mal coiffé la réconforta, même si cela ne rimait à rien. Elle le connaissait un peu de vue et vis-versa; ils s’étaient croisés dans un bar et la brune lui avait offert un verre dans l'espoir de trouver une ouverture pour la soirée; cela s'était soldé par... rien. Et pour la seconde fois où elle le voyait, l'envie de lui proposer l'accès à son intimité fut tout aussi forte. Non pas qu'il lui plaisait; rien ne lui plaisait. Mais un peu de réconfort permettait de panser les plaies. Lui aussi devait en avoir, à en juger par son regard.

Elle sourit vaguement quand il lui dit qu'elle était moins livide, tournant les talons pour mettre un peu de musique. Rien qui bouge, rien de racoleur; juste une musique douce. La jeune femme avala le reste de son verre d'eau et tourna la tête vers son invité lorsqu'il lui parla de se reposer.

"Je dormirai bien assez quand je serai morte", lui répondit-elle très sincèrement.

Elle n'avait plus le temps, à son humble avis et devait mordre la vie à pleine dents, quitte à y laisser quelques incisives, quelques plumes de poule, plumes de paon. Le stress restombait petit à petit pour les deux jeunes gens et le sentant, Bilitis prit simplement palce sur le grand canapé de cuir, le regard tourné vers le garçon, plus lucide et bien plus limpide que lorsqu'il l'avait ramené. Non pas qu'elle se remettait vite, mais la sureté qu'offrait son salon l'apaisait comme nulle autre chose. Elle saisit la bouteille de vodka et se servit une belle rasade, regardant l'alcool accrocher le verre avec un air un peu rêveur.

"Tu veux rester ici cette nuit?"

C'était une question à la fois désintéressée et incitative car elle sentait bien qu'Echo était éventuellement né de la dernière pluie sur ce sujet; ou peut-être se trompait-elle mais dans son esprit, qui tente gagne, alors autant essayer.

"Il y a de la place dans mon lit, tu sais", la brune avala tout rond sa vodka, "je pourrais prendre un peu soin de toi pour te remercier."

Une taquinerie sans en être une; il l'avait aidé dans sa détresse et elle avait envie de connaitre la sienne, peut-être de manière un peu perverse, pour l'avoir un moment pour elle, comme à sa merci. Pour découvrir et apprendre. Pour pouvoir dire merci sans avoir besoin de le prononcer; pour ne pas être seule ce soir dans le grand lit froid. Dans cette appartement qui ne lui avait jamais plu, avec cette vue qu'elle contemplait toute seule depuis trop longtemps. Peut-être refuserait-il; elle le prendrait mal, bien sûr, elle qui n'aimait pas qu'on lui refuse des choses. Elle restait dans le fond une petite fille capricieuse. Mais une petite fille capricieuse qui était en train d'apprendre à mourir.
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MessageDim 4 Mai - 17:59
Keep coming on, keep coming on.
Bilitis ∞ Echo

Le verre était froid, recouvert d'une buée dense née des glaçons au contact de l'alcool. Ils tintèrent doucement comme une mélodie familière à présent. Echo se dirigeait doucement vers l'alcoolisme. L'odeur amère lui écorcha le nez et il s'enivra un instant des effluves rances du breuvage incolore qu'il n'aimait pas forcément plus qu'autre chose : c'était un artifice de plus, pour faire passer le manque, de l'homme aimé en secret, du Lié qui l'avait abandonné. Et il en voulait au monde, le petit serpent, qui ne savait que se détruire pour tenter d'attirer l'attention de tout le monde tout en voulant paradoxalement qu'on le laisse en paix.

Finalement, il la rejoignit sur le canapé, écoutant la musique qu'elle avait mise, fasciné malgré lui par tout ce qui était beau et artistique. Il éprouvait toujours une joie sans nom à écrire en écoutant de la musique. Cette impression de liberté. Il était mauvais écrivain mais ça ne faisait rien. Il aimait simplement bien.
L'appartement était vide, trop parfait, trop propre. Mais il l'aima bien, le petit serpent qui regardait le monde en s'émerveillant d'un rien et en faisant croire qu'il était blasé de tout. Assit sur son canapé, il eut un léger sourire lorsqu'elle mentionna qu'elle dormirait assez une fois morte. Le statut de Détaché qu'il avait senti de manière étrange lui donnait un sursit terrible. Il soupira doucement en prenant une large gorgée de vodka, ignorant la brûlure dans sa gorge, devenue habituelle plus encore que familière.

La question de rester ici cette nuit lui tira un petit sourire et il regarda autours de lui : dormir dans un appartement de luxe, même sur un canapé, c'était mieux que de dormir seul chez lui, sur un matelas aux draps en vrac ornés de trous de cigarette - s'endormir la clope au bec n'était pas la meilleure des idées et Echo compulsait les tares comme d'autres collectionnent les livres. Il faisait simplement n'importe quoi.
"Dans ton lit ?" Le rouquin haussa un sourcil, observant un instant Bilitis, son cerveau engourdi de fatigue morale et de l’absorption d'alcool à jeun - il avait déjà vidé son verre. Il eu besoin de quelques instants pour deviner où elle voulait en venir avec cette histoire de prendre soin de lui. Coucher avec elle ? Quelque chose en lui répugnait aux corps des femmes et désirait plutôt imaginer son roux aux yeux bleus. Mais comme il avait tenté de le faire avec Mary-E, avoir une copine - ou au moins un coup - était une bonne manière de ne plus paraître si louche. Il avait peur qu'un jour Sully finisse par découvrir son attirance pour les hommes et le foute à la porte, que tout ne soit plus pareil entre eux. De toute façon, il ne l'avait plus revu depuis des semaines... Voulait-il encore de lui ?
Echo, silencieux un long moment, finit par répondre simplement en finissant de croquer un glaçon : "Okay."

Elle voulait du sexe, il acquiesçait. Voilà, tout simplement. Rien ne l'empêcherait de penser à Sully : mais peut-être avec un peu de chance sortirait-il de sa tête... Il n'avait jamais été loin avec personne, pas plus que quelques baisers avec la langue. Etre un homme facile lui semblait le pompons dans sa nouvelle vocation de dépravé alcoolique et misérable. Il se punissait, le serpent, de tout ce qui le rongeait, de l'abandon de Candel et de Sully, du vide abyssal de sa vie fondée sur des artifices. Il voulait voir jusqu'où est-ce qu'il pourrait encore aller, jusqu'où tomber encore et encore.
Alors autant tout brûler et jeter au feu les restes de son innocence, malgré son cœur plus tendre qu'il le montrait.

Et même s'il ne savait pas du tout par où commencer, restant simplement à croquer un dernier glaçon, impassible sur le canapé de cuir, il voulait juste tout abandonner qui ferait encore sa fierté. Salit jusqu'au fond pour se rappeler que personne n'avait voulu de lui et le justifier plus encore...
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MessageDim 4 Mai - 18:57

echo&bilitis ₰ Running through my blood.

Le garçon -mais Dieu savait quel âge il pouvait avoir, comme c'était un Daemon- rejoint Bilitis sur le canapé, presque docilement. Cette dernière eut un sourire simple en écho au sien, comme si elle cherchait à se montrer complice alors que dans le fond elle se moquait éperdument de ce qu'il pensait de ce qu'elle dirait. C'était un jeu de dégonfle, voilà tout: avoir l'air bravache alors qu'elle avait peur, avoir l'air de se moquer de la mort alors qu'elle la craignait. C'était une attitude mais dans son monde, l'attitude faisait tout; créature superficielle par besoin, femme sans morale, sans plus d'attaches: comme elle le désirait. Être une cold stone bitch au sourire en coin qui se riait de la mort. Même si c'était faux.

Sa main se posa sur le genou d'Echo en quelques manœuvres séductrices inversées; Bilitis était une femme de tête qui aimait prendre les devants. Une femme qui aimait être au dessus et mener la danse à son rythme, selon ses pas et ses envies. Elle prenait et elle jetait ce qui lui plaisait dans l'instant, allumait et éteignait dans la même seconde, consommait comme de la cendre de cigarette, tirant jusqu'au filtre ces hommes avec qui elle trompait sa seule compagne, la solitude. Une femme qui voulait être abjecte et qui n'était en définitive qu'une femme comme les autres.

"Ou ailleurs", dit-elle en souriant plus ouvertement, amusée par tant de candeur de la part d'un homme, "suffit d'être un peu inventif."

La brune n'était pas sûre que le garçon saisisse tout ce dont elle lui parlait: elle avait flairé le vierge tout autour de lui et visiblement ne s'était pas trompée mais ce qui l'étonnait fut la désinvolture de son acceptation. C'était trop facile à son goût, même si un refus l'aurait hautement contrarié: elle voulait la difficulté et la victoire dans le même sac, cette brune capricieuse. Étouffant un petit rire, elle sembla se moquer de lui avant de le resservir un peu en vodka et se lever du canapé pour faire quelques pas derrière son bar, afin de chercher quelques choses en un bruits de verres qui s'entrechoquaient.

"T'es pas un garçon très farouche, visiblement"
, constata Bilitis en revenant, un nouveau verre à la main, plein à raz bord de rhum cola, "je suis une femme facile aussi, comme tu vois."

Elle se dégoutait; elle se méprisait et au travers de chaque homme qu'elle prenait en elle, elle cherchait à se détruire un peu plus. A devenir une figure repoussante, la femme qu'elle ne voulait pas être. Une salope, une alcoolique, une folle, une pute. Une cruelle superficielle dont les parties intimes étaient encore plus publiques que les toilettes de rue. Une feuille de menthe surnageait dans son cocktail; Bilitis jouait à la noyer du bout des bois, chatouillé de fines bulles. Elle releva le regard vers cet étrange garçon, puis joua sans gène avec quelques unes de ses boucles épaisses et farouches, caressant ses tempes avec délicatesse, comme si elle craignait de le faire fuir.

"Tu as de beaux cheveux", admit-elle avant de reprendre, "mais pourquoi un garçon comme toi accepte aussi vite?"

Elle haussa les épaules avant de reprendre, pêchant la feuille de menthe du bout des doigts avant de la coller sur la bouche d'Echo avec un air un peu badin qui cachait le sérieux de sa question, le ton plus grave qu'on  ne pourrait le penser.

"Qui tu veux oublier?", elle réfléchit un instant, "à moins que toi aussi, tu ne veuilles t'oublier?"

C'était son but à elle, et elle cherchait entre les lignes, cherchant la cause d'une acceptation aussi rapide; Echo ne semblait pas comme d'autres types, la braguette prête à exploser. Il tait calme, pudique même dans sa manière de s'intéresser plus à son verre qu'à elle; à moins qu'il ne soit homo... elle n'en savait rien mais s'y intéressait plus qu'elle ne l'aurait du: qui était cet étrange Daemon qui l'avait sauvée, qu'elle était son histoire? Il était rare que Bilitis s'intéresse aux autres, comme il était rare qu'on s'occupe d'elle. Alors elle était curieuse, tout simplement. Le sexe pouvait attendre; elle n'aimait pas baiser sur le pouce avec un truc en tête. Ça gâchait le plaisir.

"Tu peux me parler de toi, un peu?", demanda-t-elle sur un ton plus doux avant de ne pouvoir se retenir de faire un peu d’humour acide, "à moins que ce ne soit baiser qui t'intimide? Je te montrerai, ça passera tout seul."
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MessageDim 11 Mai - 10:22
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Bilitis ∞ Echo

La situation était un peu étrange. Il n'avait donné son corps à personne et une part un peu bêtement romantique aurait voulu se donner à Sullivan. Tout lui abandonner, à lui qui l'avait sauvé. Lui donner son cœur. Mais il ne voulait pas être amoureux, parce que Sully ne l'aimait pas, pas comme ça. Qui pourrait aimer quelqu'un comme lui ? Il était un Humain, et lui un Daemon. Le Daemon d'un autre. Etait-ce seulement possible d'être à ses côtés ?
Echo préférait alors donner son corps à cette femme qu'il croisait parfois en boîte, superficielle juste comme il faut. Parce qu'il avait moins peur de s'attacher, de se sentir l'envie de rester avec elle lorsque le matin viendrait. Il avait l'impression de sombrer depuis des semaines, de tout faire pour rester à la surface, d'agiter les bras, de tomber au plus profond. Mais il n'y avait rien pour le retenir.

Cette fille était bizarre, une Détachée. Seule une Détachée pouvait comprendre ce que ressentait un Daemon privé de son Lié ? Il ne savait pas si elle comprenait quoi que ce soit. Mais la main qui caressa ses boucles entre le châtain et le roux était douce, malgré tout. Moins pressante qu'il l'aurait pensé. Il la laissa faire, songeant qu'il serait facile d'imaginer l'homme qu'il avait dans la peau à la place.
C'était tellement plus facile de fermer les yeux et de faire croire qu'on est heureux...

Doucement, Echo happa la feuille de menthe posée sur ses lèvres et le bout du doigt de Bilitis, presque comme sans faire exprès, avant de le relâcher.
"On oublie jamais. Mais on peut mettre de côté." Fit finalement le Daemon d'une voix plus douce qu'on aurait pu le penser. Ses yeux étaient lointains, pourtant, bien qu'il s'en défende. Un peu de chaleur humaine pourrait-elle donner l'illusion ? Il ne savait pas. Il embrassait les inconnus dans les bars, il buvait autant que possible pour garder dans son ventre un semblant de chaleur quand il crevait d'un froid qui ne venait pas de l'extérieur.

Parler de lui ? Il eut un sourire plus candide que séducteur. "Ce n'est pas terrible, les histoires tristes avant de baiser, non ?" Il se fit plus badin, comme s'il était plus assuré qu'il ne l'était en réalité. "T'inquiète, je sais quand même comment coucher." Il se faisait bravache, comme s'il l'avait déjà fait. Ce n'était pas si compliqué, dans les films et dans les livres, il devrait s'en sortir. Pas question d'avouer que c'était la première fois qu'il faisait ça. Pourtant son attitude réservée, avare de gestes préliminaires parlait pour lui.
Il finit son second verre, la morsure familière au creux de son ventre vide le rappelant à la réalité de sa condition : Un Daemon puceau et une Détachée dans un superbe appartement de luxe.

Plus maladroitement qu'il l'aurait voulu, il tendit une main pour caresser quelques mèches brunes, en miroir au précédent geste de Bilitis. Puis du dos de la main, il frôla sa joue, replaçant une mèche derrière son oreille. Il aurait voulu, paradoxalement, ne jamais sauter le pas et avoir déjà fini. La peau très blanche de Bilitis était fraîche mais très douce. Beaucoup plus douce que la peau d'un homme. Beaucoup plus délicate.

"On veut tous les deux oublier quelque chose, non ? Sinon tu ne m'aurais pas invité à entrer." Il lui sourit, plissant ses yeux bleus dans un petit air à la John Wayne. "Pourquoi est-ce que tu as besoin de parler ? C'est pas pour savoir ma vie, mais pour le fait de parler à quelqu'un non ?" Plus fin qu'on aurait pu le penser Echo comprenait que le vide impersonnel de cet appartement cachait surtout la solitude d'une femme condamnée. Elle voulait qu'il parle pour combler le silence oppressant de son appartement sans avoir, elle, à se dévoiler. Doucement, il glissa son index sur ses lèvres bien dessinées, se demandant quels secrets elles cachaient. Quels cris sur des douleurs muettes elles renfermaient. "Tu veux que je parles parce que tu ne veux pas parler..."
Doucement, il s'était avancé, courbé vers elle, passant son bras sur le dossier du coûteux canapé. Il était proche de l'embrasser, sans franchir le pas et ses doigts caressèrent sa joue.

Echo ne voulait pas parler, pas remuer la vase de sa condition de Daemon abandonné. Il voulait juste rester là, à flirter avec une belle brune dont le corps aux courbes féminines lui plaisaient tellement moins que les angles secs du corps de Sully. Il faudrait faire avec, un homme couche avec les femmes. Il n'assumait pas vraiment son orientation, sachant pourtant très bien que toutes ces courbes ne lui plaisaient que peu. Mais il le ferait quand même. Ils combleraient un instant de solitude tous les deux, un moment de faiblesse. Il pourrait garder ses secrets, elle aussi. Et tout serait très bien ainsi.
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Echo Andersen
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MessageDim 11 Mai - 14:24

echo&bilitis ₰ Running through my blood.

Le contact avec les lèvres et les dents d'Echo ne la surprit pas: Bilitis était une femme tactile qui avait l'habitude des rapprochements avec le sexe opposé. Souriant vaguement, elle lui laissa un instant le bout de son doigt, comme par bonté d'âme. Introduire le contact avec ce drôle de Daemon lui sembla étrangement plus difficile qu'avec d'autres homme, sentant en lui une réserve inhabituelle; pourtant elle pouvait caresser à loisir sa chevelure indisciplinée, contempler autant qu'elle le désirait son visage encore si juvénile. Mais quelque chose lui semblait plus difficile que d'habitude. Cependant la jeune femme ne cherchait que rarement midi à quatorze heures: elle lui sourit, enjôleuse comme elle devait être, mais patiente. Et plus douce qu'on aurait pu le penser d'elle de prime abord. Oublier, comme ce devait être doux; oublier pour avancer. La brune n'était cependant pas aussi sûre qu'Echo que la chose soit impossible. Peut-être était sa seule lueur d'espoir et paradoxalement à sa dépression, elle ne voulait pas l'abandonner et baisser complètement les bras.

"Quand tu cherches à oublier, tu te souviens... c'est un cercle vicieux", elle se resservit un fond de Vodka, avalant une gorgée avant de lui faire un clin d’œil, "genre là, je bois pour oublier que je suis une ivrogne."

Oublier, en un sens c'était mourir. Elle ne voulait rien oublier mais restait persuadée qu'elle pouvait tout de même le faire; une femme tout en nuance, en complexité, en paradoxes. Une femme qui voulait y croire, encore, tout en désirant se perdre et abandonner tout espoir. Une femme qui voulait tout, qui voulait rien: qui voulait la paix, la seule chose qui ne s'achetait pas, ne se volait pas, ne se marchandait même pas. Dans ce grand loft froid, il était clair que l'argent ne faisait pas le bonheur et que l'avocate était une femme seule et condamnée. Elle s'était elle-même enfermée à double tour dans une cage à oiseau sertie d'or; non pas pour elle: elle voulait juste s'éloigner des autres pour qu'ils ne souffrent pas de son état.

Elle rit lorsqu'il lui parla d'histoires tristes, avalant le reste de sa vodka avec une certaine résistance évidente. Elle semblait bien tenir l'alcool malgré son affaiblissement général. Il ne lui faisait pas grand chose; comme beaucoup d'autres choses, finalement.

"J'adore les histoires tristes avant de baiser", elle sourit, mutine, "comme ça je peux me dire que le monde est vraiment aussi pourri que je le pense. Et ça m'incite."

C'était faux, c’était vrai. Faire l'amour lui faisait oublier quelques heures que le monde était gros et laid pour saturer son cerveau d'endorphine. Le sexe, l'alcool, la drogue aprfois, la fête, souvent: toutes les échappatoires étaient bonnes pour ne pas devenir amorphes comme les autres Détachés. Elle voulait être libre et pour cela, elle devait être seule. Mais cela lui pesait et parfois elle aimait tromper sa solitude entre les bras d'hommes de passage. Pas d'amour, pas d'attachements... et elle retournait ensuite à sa cage dorée, en attendant son heure. Le sourire que la brune eut lorsque son futur partenaire lui assurait sons avoir faire voulait tout dire: elle l'avait percé à jour sans effort. Pourtant le fait de le savoir vierge, loin de la repousser, l'incitait plus avant dans son entreprise. Elle adorait les puceaux parce que lorsqu'on s'y prenait bien, on pouvait leur faire plus facilement adopter la douceur. Ou alors était-ce le contentement pervers d'apprendre le sexe à un novice. Allez savoir.

L'instant d'après, le Daemon sembla se faire plus volontaire et tenta une approche; elle le laissa faire, sans le gêner, sans se montrer impatiente: elle ne l'était pas. Lui ne semblait pas curieux, pas pressé, pas demandeur. C'était une étrange ambiance. Echo reprit quelques mèches en place derrière l’oreille de Bilitis et d'instinct cette dernière ferma les yeux, appréciant le contact aussi maladroit que fugace. C'était agréable; pas excitant, pas agressif: agréable. Comme un câlin pour vous consoler, comme un geste désintéressé. L'étrange de cette situation était que surement aucun des deux partis n’était dans l'état d'esprit de se séduire crument, de se sauter dessus. Ils avaient bien le temps. Un câlin pour un câlin. Comme un talisman protecteur pour chasser leurs maux, différents comme commun.

Elle aurait voulu rire en le voyant faire ce sourire de bellâtre fat de films désuets, mais la jeune femme se contenta de sourire, les yeux un peu moqueur. Elle haussa alors vaguement des épaules sans perdre son sourire ni son assurance: face aux hommes, Bilitis Erin Aulin-Smith était imperturbable; le plus souvent.

"Ça s’appelle avoir des intérêts communs", plaisanta-elle, un peu acide.

Son sourire s'élargit encore lorsque le jeune homme lui avança les raisons du pourquoi, du comment. Il ne fallait pas sortir de Caltech pour entrevoir la réalité sous les faux-semblants: en effet elle ne s’intéressait pas à sa vie, pas plus que lui à la sienne mais faire parler les autres était facile pour elle: une fois que l'autre à vidé son sac, il se sent en confiance, et ne vous prend pas pour un égoïste. pourtant c'était bien ce qu'elle tait, une putain d’égoïste, nombriliste, égocentrique. Tantôt elle l'assumait, tantôt pas. C'était les al"as de ses humeurs changeantes. Mais parler à quelqu'un, c'était bien. C'était mieux que le sexe, l’alcool, la drogue. Mieux que les errances sous les néons cramés de Sunset Strip. C'était mieux que tout.; et sans promesse d'amour, c'était mieux que rien.

Bilitis posa sa main sur celle d'Echo pour lui dire qu'il pouvait continuer. Les illusions ne se changeraient jamais en quelque chose de réel mais elles réconfortaient un peu; la chaleur de la peau du Daemon couvrait la froideur de la sienne, la réchauffant lentement; son visage reprit des couleurs, le rouge lui montant aux joues pour colorer de rose ses pommettes.

"On est pas obligés de parler."

Lui ne parlerait pas, elle non plus. Finalement ce serait plus simple et plus agréable, peut-être. Elle n'aurait pas à se conduire comme si ce genre de choses l’intéressait. Comme il était proche de l'embrasser sans cependant franchir le pas, la brune prit l'initiative et se haussa un peu, toujours assise: ce fut sur le front du Daemon qu'échouèrent ses lèvres, dans une sorte de baiser chaste. Elle baisa sa joue, délicatement, sans chercher à le mener plus loin. Elle voulait le consoler à sa façon, elle aussi. Lui aussi voulait oublier et elle désirait lui rendre la pareille; c'était tout. Et ne pas dormir seule ce soir. D'une main, elle dégagea les quelques mèches rebelles qui la gênaient sur le front d'Echo et elle posa l'autre sur son épaule; elle lui sembla plus frêle qu’elle ne l'aurait penser; le Daemon lui faisait penser à un grand adolescent.

Elle l'embrassa posément, presque tendrement en prenant son visage en coupe entre ses mains, se rapprochant de lui sur le canapé. Il était trois heures révolues et l'appartement fut soudain complètement silencieux. Oublier est impossible, mettre de côté est intolérable et si aucun des deux ne savaient rien de l'autre ils pourraient peut-être, ensembles, lécher les blessures de l'autre pour quelques minutes. Fermant les yeux, la brune revit un instant l'homme qu'elle avait tant aimé, l'homme qu'elle aimait toujours et qu'elle aimerait jusqu'au jour de sa mort. Ce petit homme qui serait son premier et son dernier amour et tout comme Echo avec Sullivan, Bilitis trempa l'image pour chercher le réconfort; il ne reviendrait jamais parce qu'elle ne le permettrait pas, mais elle le voyait en chaque homme avec qui elle passait du temps.

Elle embrassa le Daemon comme s'il était Lui, des baisers d'une femme bien plus tendre qu'elle ne veut bien le reconnaitre, serrant le garçon contre elle non pas pour le retenir, mais pour prendre soin de lui; protection et défense. Elle avait toujours protégé son ex mari contre toutes les brimades des autres, contre la douleur de sa différence. Elle avait été une femme forte, de celles qui aiment entourer les hommes d'amour et de protection; aujourd'hui elle était une coquille creuse mais au fond de la coque, il restait du nacre.

Peut-être n'aimerait-il pas; elle s'en moquait. Elle ne cherchait pas vraiment à substituer Echo à son mari mari, seulement à se donner de l'entrain à la tâche, elle qui perdait ses envies et ses sensations. La jeune femme avait commencé à ouvrir les boutons de la chemise du Daemon, d'autorité; elle savait très bien quoi faire avec un homme et chacun de ses gestes en attestait. Ses mains glissèrent sur la peau douce d'Echo, faisant s'échapper le tissu sur le dos pendant qu'elle caressait ses épaules. Sa bouche était experte, mais pas avide, pas envahissante: elle donnait des baisers en n'attendant rien en retour.

Et dans le froid de cet appartement impersonnel, peut-être pourrait-elle se consoler en protégeant quelqu'un, comme pour jouer à être forte.
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MessageJeu 22 Mai - 8:49
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Bilitis ∞ Echo

Thème ♫

L'odeur étrangère de sa peau blanche et pâle. La sensation des lèvres sur les siennes. Douceur, dégoût. Ecoeurement délectable d'un geste qu'il aurait voulu unique et réservé à Lui Ils avaient tous les deux des choses à oublier et à compenser. Echo le savait très bien. S'il était naïf, il n'était pas idiot. les mains sur ses joues avaient une douceur ferme, à la fois un peu entreprenantes et pourtant délicates. Il aimait mieux l'autorité franche, la masculinité. Les hommes prenaient, avec autorité. Cette femme donnait sans rien proposer. C'était un peu étrange. Pourtant, il ne trouvait pas ça si mal. Etrange, inconnu. Mais pas si mal. Une bonne excuse à sortir à Sullivan, et un paravent contre un monde qui ne voulait pas de lui. Et ce Daemon se demandait parfois ce qu'il pouvait bien faire pour trouver sa place. Juste une petite place dans un univers hostile.

Il fit glisser sa main le long du bras de Bilitis, suivant la courbe de sa taille pour l'enlacer, l'attirant un peu plus près, jusqu'à ce que ses seins reposent contre son torse. Elle était faite d'angles et de courbes, femme en sursit. Et c'était peut-être ce qui faisait sa beauté, plus que toute autre chose. La carnation délicate de sa peau maladive, son regard intense d'écorchée vive et les os saillants d'une condamnée. Il lui trouva un charme malsain de fleur carnivore, de dionée affamée d'oubli.

Les doigts ouvraient sa chemise, ôtant doucement le tissu qui resta encore un peu juste retenu par ses avant-bras. Le corps d'Echo, quoique anguleux, était plus musclé qu'il n'y paraissait. Les pectoraux bien dessinaient succédaient à un ventre plat, presque un peu creux, aux abdominaux bien marqués. Ses bras possédaient plus de biceps qu'on l'imaginait. Pris souvent pour une crevette, une grande asperge filiforme, il avait plus de virilité qu'on le pensait. Mais les gens pensent souvent à tord et Bilitis était la première à vraiment le savoir. IL y avait de la beauté, chez Echo, gâchée par sa souffrance, qui semblait toujours un peu sourdre de lui-même, comme une pois nauséabonde.

Baisers doux, c'était étrange, les lèvres pâles glissaient sur sa peau en compagnie des mains arachnéennes de la brune. Finissant de libérer ses poignets du poids de la chemise, il envoya cette dernière au diable, glissant ses doigts dans le dos de Bilitis, sous son haut, testant le velours de la cambrure de son dos, remontant jusqu'à la nuque en une longue caresse qui buta une seconde sur le soutient gorge avant de se poursuivre.
Délaissant un instant les lèvres de la Détachée, il promena sa bouche dans son cou, mordillant la peau, fermant les yeux un instant, pour imaginer un homme au lieu d'une femme. Ce n'était pas si désagréable, mais il était stupidement amoureux et cela lui donnait envie de rêver lui aussi à un corps plus ami, quand bien même il serait si différent alors...

Parsemant le cou de baisers et de douces morsures, le serpent se laissait porter par l'instant, par cette amorce de brûlure au creux de son ventre et de ses reins. Un désir naissant pour une inconnue se superposant à son amour silencieux pour un ami. Il avait envie de connaître pour une fois, la chaleur d'un autre corps, comme dans la soupe qu'il osait appeler roman. Une histoire tragique et intense, avec du sexe désespéré. Il se figura un instant à la place de son héros. Mais lui ne savait pas tant la pratique que la théorie et Bilitis le guidait bien mieux que lui. Alors il lui laissait la primeur des caresses, se faisant plus suiveur, l'aidant cependant à retirer son haut, puis son soutient-gorge, libérant la poitrine, élément incongru pour lui, qui était un Daemon né homme pour un autre homme...

Pourtant, son souffle était plus profond, alors qu'elle pressait ses seins contre son torse. Globe veloutés, il aventura une main vers ces derniers, les caressant avec un peu de maladresse, comme s'il ne savait pas trop quoi en faire. Un peu plus passif qu'elle, il suivait en réalité ses gestes en écho - ironique n'est-ce pas ? - aux siens.
Il ne voulait pas parler, pas discuter de la météo, ou de ses amours contrariés, ou encore de son histoire. Autant pour la curiosité de la brune, il garda ses mystères, comme il lui laissa garder les siens. Intérêts communs ou non, il préférait le silence entrecoupé du bruit humide des baisers. Il était tard, bien tard. Et derrière eux, la nuit opaque se trouait des lumières de la ville comme autant de vers luisants. L'immensité pouvait bien les avaler. Ils ne dormiraient pas seuls, ce soir.
Il y avait des mystères dans ce torse nu de femme appuyé au sien, qu'il déchiffrait du bout des doigts, du bout des lèvres, happant un téton comme l'enfant happe le sein de la mère. Mais Echo était né du néant et n'avait jamais été un enfant. Dans les caresses, simulacres de tendresse et de chaleur, il trouvait enfin un peu de quiétude.
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MessageJeu 29 Mai - 12:16
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MessageMer 18 Juin - 11:47
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