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 Shut up and sleep with me. 
MessageMer 23 Avr - 16:35

karen&bilitis ₰ why don't you sleep with me?


Sunset Boulevard le soir, avec ses néons multicolores qui éclaboussaient les trottoirs de couleurs criardes, avec son air chaud et lourd qui chamarraient une odeur de cigarette, d'alcool et de fête. Sunset Boulevard avec ses rues vivantes à toutes heures et qui portaient en elles toutes les images d'Epinal qu'on pouvait se faire de la Californie. De Figueroa Street à Downtown Los Angeles coulaient bars et boites de nuit, fast-foods et autres Deli' à deux dollars, permettant de suivre une ligne continue de débauche jusqu'à l'océan Pacifique; là, on y admirait le soleil qui tombait dans la mer. L'eau à perte de vue et l'horizon rougeoyant qui ne faisaient plus qu'un. Sur Sunset Boulevard, les Angelenos se déplument et se perdent dans les méandres de la nuit colorée. Bilitis faisait partie de ces gens qui la nuit tombée cherchent à oublier même leur nom dans la bouche trop fardée de Sunset Boulevard, qui cherche à fuir, inlassablement, cette vie qui petit à petit les faisait paradoxalement mourir.

Avec l'énergie du désespoir, elle avait fait le Roxy Theater, le Key Club, le Whisky A Go-Go et le Rainbow à la suite, papillonnant d'un bar à l'autre, d'une personne à l'autre; surtout des hommes. Passée le carrefour de Gower Gulch, elle avait louvoyé entre les belles de nuit qui haranguaient les types passant en voiture pour échanger quelques billets contre une nuit d'amour. Et elle, entre apathie et pesanteur où elle demeurait, ivre, elle mourait. Un peu plus chaque soir, dans chaque cocktail, dans chaque baiser qu'elle donnait. Dans chaque bar, dans chaque club privé. Depuis la mort de son Daemon, il y avait quelque chose sous sa peau qui grandissait, prêt à éclater. La brune avait envie de vomir; sa tête tournait tout doucement, chaloupant son pas pour le rendre gauche, gourd. L'enseigne Budweiser devant elle rendait sa vision kaléidoscopique, douloureuse et la jeune femme plissa des yeux pour parvenir à continuer sa lente marche, saluant au passage le cowboy clignotant de Malboro qui dansait dans le ciel sombre, tout en néons.

Sur Sunset Strip, il y avait le Viper Room, un club privé très select où elle aimait se rendre pour finir ses soirées. Là-bas l’homme était facile et les gogo-dancers peu farouches: on y gagnait un flirt à tout coup, c'est là loi. La soirée avait cependant été comme toutes les soirées, avec cette rigueur mécanique dans la frénésie que mettait Bilitis à s’enivrer, se droguer, danser et s'envoyer en l'air dans les toilettes de la boite. Et pourtant, comme à chaque fois, un peu plus à chaque passage, elle ne ressentait rien. Rien de plus qu'un grand vide béant au milieu de sa poitrine. La chaleur de l'abandon, où était-elle passée? Il n'y avait rien, même pas quand complètement saoule, ce type dont elle avait déjà oublié le nom l'avait entrainé à l'arrière du nightclub pour la besogner vite fait bien fait contre un mur; pas plus de cinq minutes; cinq minutes de rien du tout. Pas un seul soupir car ce soir, surement trop ivre, Bilitis n'arrivait pas à simuler. Son partenaire la planta là, comme elle le planta, sans un mot et la brune reprit sa route, son errance.

Une cigarette pour la route, tandis qu'elle rabaissa sa petite robe sur ses cuisses de manière un peu maladroite, les gestes imprécis. Ses talons tiquetaient sur l'asphalte en un rythme à la fois rapide et désordonné alors que l'air frais d'un début de matinée -elle ignorait quelle heure il pouvait bien être mais s'en faisait une mince idée- fluidifiait un peu ses pensées engourdies par l'alcool. Pour le reste, la suite des évènements fut imprécise: un bar puis un autre. Une heure, peut-être deux heures du matin et dans ce dernier bar, il y avait eut cette femme dont la silhouette avait attiré le regard de Bilitis. Un sex on the beach, une vodka polonia et un whisky on the rocks et son étui à cigarette complètement vide, tout comme sa tête. Sa tête lui semblait lourde. L'autre femme vaquait à ses boissons et la brune l'observa depuis le bar, devant un barman un peu lymphatique à cette heure.

Bilitis lui sourit quand elle parvint à capter son regard sombre, plutôt fermé; l'autre ne lui rendit rien. Comment était-ce avec une femme? Serait-ce différent d'avec un homme? Cette idée lui avait parfois taraudé l'esprit et se mordant la lèvre inférieur la brunette en vint à se demander si elle pouvait séduire une femme; cette femme-là, avec son regard dur et ses piercings, sa bouche fine et son air sombre. Alors sans chercher à rien faire d'autre, elle l'avait regardé de loin, sans chercher à l'accoster. Sa cigarette s'était consumée toute seule, posée dans le cendrier sur le zinc et la mousse de son cocktail était retombée avec le temps car elle ne l'avait pas entamé. Un moment passa et quand la femme décida de s'en aller, Bilitis se leva de son tabouret et quitta le bar à sa suite pour se retrouver à nouveau dans les rues colorées de Sunset Boulevard; il régnait une chaleur d'été en plein printemps, rendant la nuit lourde et un brin désagréable. Mais ses penses étaient plus claires, plus lucides maintenant qu'elle avait trouvé un objectif.

"Hé", l'interpela-t-elle.

Bilitis se contenta d'un signe de la main à l'adresse de la jeune femme qui déjà suivait son chemin. Elle ne savait pas comment s'y prendre avec le beau sexe et décida donc d'agir comme elle le faisait avec les hommes, la rejoignant en quelques foulées. Proche de l'inconnue, la brune l'étudia sans rien dire de haut en bas, un sourire un peu vague aux lèvres; elle avait le teint cireux et les yeux cernés, l'odeur corporelle d'un mélange de parfum de luxe et de cigarette. La jeune femme, sans perdre son sourire, se massa la base de la nuque en fixant son interlocutrice.

"Tu rentres toute seule?", elle la fixait toujours, le ton un peu plus léger qu'avant, "... c'est dommage..."

A la manière qu'elle avait de la regarder, se se balancer doucement et de se mordre les lèvres, Bilitis ne laissait aucun doute son la direction qu'elle prenait: elle ne s'était jamais ennuyée avec les hommes et n'avait pas envie de s'ennuyer avec d'inutiles salamalecs. Elle était plutôt du genre direct, il fallait dire...
©clever love.
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Invité

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MessageMer 14 Mai - 21:35

    Par le passé, Karen avait été une habituée des soirées à faire la tournée des bars, seule ou entre copines. Les boissons qui s’enchaînent, gratuitement si on joue un peu les aguicheuses et qu’on tape dans l’œil du premier ivrogne, la musique qui tape à fond, les corps qui se frôlent les uns les autres. Toutes ces choses qui l’aidaient à se détacher de sa vie morose à laquelle elle n’avait plus vraiment goût.
    Depuis quelques temps, elle n’avait plus pris le temps de sortir, juste pour elle, juste pour s’oublier. Tout son temps libre, elle le passait comme son temps de travail, à la Fox Corp. Son laboratoire était devenu sa résidence principale, et son appartement rien qu’un lieu de passage, où elle se rendait de temps à autre pour dormir. Et justement, ces petites sorties commençaient à lui manquer. Alors après s’être débarrassée du deuxième macchabée de la journée, officiellement appelé expérimentation non satisfaisante, Karen décida de prendre un peu l’air. La nuit était déjà bien avancée lorsqu’elle huma enfin l’air extérieur. Elle avait largué sa blouse au labo, changeant ses vêtements de travail pour une tenue de soirée toute en noir, sobre mais efficace. Même pas besoin de repasser chez elle, à force de camper à la Fox Corp Karen y avait même apporté une partie de sa garde-robe dans une valise qu’elle gardait sous son bureau.
    Sans but et sans direction, Karen finit dans un premier bar après avoir englouti sans faim un sandwich pour se remplir le ventre. Elle se posa à une table, se commanda une petite bière pour commencer. C’est le moment que choisit un pilier de bar pour venir se joindre à elle. Ca la fit marrer. Certaines choses ne changent jamais, et les piliers de bar en font partie. Le gars avait facilement vingt ans de plus qu’elle. Ça lui était pas mal égal, Karen n’avait aucune intention de le toucher. Pourtant elle lui fit ses plus beaux sourires, lui fit croire l’espace d’un instant que tout était possible. Juste pour voir si ça marchait. C’était sa petite occupation, son petit plaisir personnel. Pourtant, de celui-ci elle n’en tira aucune fierté. Il avait l’air trop désespéré pour pouvoir s’en vanter. Alors lorsqu’il se pencha finalement au-dessus de la table et tenta d’attraper son bras et d’approcher sa bouche à l’haleine nauséabonde de son visage, Karen se leva d’un bond. Il était temps de changer d’air à nouveau. Elle en enchaîna un deuxième, un troisième. Finalement, elle en vint à rechercher la paix. L’esprit embrumé, la jeune femme débarqua dans un quatrième lieu, encore plus bruyant que les trois derniers réunis. Qu’importe, elle avait déjà bien bu et le son ne l’atteignait plus. Sans même s’en rendre compte, son corps ondulait au rythme des basses. La magie de l’alcool. Pendant un moment, Karen eût la paix dans ce bar-là. C’était agréable. Elle y resta un moment à siroter des cocktails, observant ceux qui se trémoussaient sur la piste de danse en espérant traîner quelqu’un dans leur lit pour la nuit. Et lorsque finalement, un énième homme vint l’aborder, Karen décida qu’il était l’heure de rentrer. Celui-ci était plutôt agréable à regarder et peut-être qu’en d’autres circonstances, elle l’aurait accepté, mais c’était celui de trop pour ce soir. Sans même s’excuser, la scientifique se leva, le pas peu stable et un peu chaloupé, et se dirigea vers la sortie. Avant même d’avoir passé la porte, Karen s’était collé une cigarette au bec. Elle en avait grillé près d’un paquet pendant la soirée.

    Sans jeter un œil ni devant ni derrière, Karen s’avança dans la rue, direction son appartement. Ça lui ferait pas de mal de venir lui rendre visite. Pour la jeune femme, la soirée s’était déjà achevée. Terminus, direction son plumard. Pourtant, elle se retourna lorsqu’une voix l’interpella. Elle sonnait familière. Pourtant, en dévisageant celle qui l’avait appelée, Karen se rendit compte qu’il n’en était rien. Ce visage était inconnu. L’esprit de l’autre avait l’air tout aussi clair que le sien. Pendant un instant, elles se dévisagèrent toutes les deux, le temps pour Karen de comprendre ce que l’autre lui voulait. Elle s’apprêtait à poursuivre son chemin lorsque l’inconnue lui fit une proposition, assez peu dissimulée.

    « Ouais j’rentre seule, pourquoi ? T’avais envie de m’accompagner ? »

    La réponse n’allait pas être surprenante. L’approche de Bilitis était peu dissimulée. Pourtant elle décrocha un sourire à la scientifique. Elle avait passé sa soirée à échapper à tous les hommes qui venaient vers elle, mais aucune femme ne l’avait encore abordée de la sorte. Pour tout dire, ses expériences avec les femmes étaient maigres, et les seules qu’elle avait eues, elle les avait provoquées. Sans le cacher, Karen dévisagea à nouveau Bilitis, de haut en bas. Elle avait l’air bien éméchée, mais elle n’était pas désagréable à regarder. Alors pourquoi pas ?

    « Eh bah viens, on va pas rester là. »

    Sans attendre la réponse de l’inconnue, Karen se mit en marche à nouveau. Il y avait un petit bout de chemin jusqu’à chez elle, et juste d’y penser ça la fatiguait. Alors autant s’y mettre tout de suite.

    « Dis-moi, t’as trouvé personne d’autre à ton goût, pour me courir après comme ça ? »




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Karen L. Sander
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