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 Am I Dreaming? [My other half] 
MessageLun 14 Avr - 23:39

Je suis d'abord venu toutes les semaines à défaut de pouvoir passer tous les jours puis les semaines ont lassées place aux mois... Des mois qui se sont écoulés depuis cette nuit où je suis arrivé dans cette ruelle, seul, perdu, désorienté. Des mois où j'ai dû expliquer à la vie que pour l'instant je devais vivre en exemplaire unique et que c'est à prendre ou à laisser. Faut croire qu'elle m'a laissé une chance. Je me demande parfois si cette autre moitié le sens aussi ce vide immense en son centre, ce truc qui fait que malgré le temps qui passe je m'entête à revenir ici dans l'espoir qu'elle y pensera aussi. Le sait-elle comme c'est stressant de vivre chaque jour de son existence en se disant qu'on peut simplement disparaître en un claquement de doigts? Probablement parce que c'est le genre de chose qui arrive à toute personne normale. Sauf que moi, je ne suis pas normal. J'ai à peine quelques mois d'existence plutôt que des années derrière moi même si ça ne se voit pas vraiment lorsqu'on observe ma magnificence. On se remonte le moral comme on peut. Je m'écarte du sujet là. Sait-elle seulement cette personne que j'existe aussi moi? Je ne peut pas continuer de vivre comme ça alors que j'ai le sentiment de me consommer de l'intérieur à chaque nouveau pas que je fais. Je suis plus qu'heureux d'avoir un toit sur la tête et une occupation pour mon esprit de temps à autre, mais tout ça ce n'est rien. Je veux vivre ma vie oui, mais pas comme ça. Ça n'est pas pour cette raison que je suis là, pas pour vivre ma vie en solitaire.

Ce soir là j'ai fait comme à mon habitude et je me suis assit par terre, laissant mon capuchon couvrir mes traits morose comme le temps qui menace de faire tomber de la pluie depuis le début de la journée. J'ai sorti de ma poche un petit calepin de mots croisés. Je ne perds pas mes bonnes habitudes. On peut même dire que je suis un grand nostalgique... Ou un imbécile. C'est au choix. Le lendemain de mon arrivé, je suis revenu dans cette fichue ruelle pour récupérer ce fichu mots croisés et le glisser dans ma pas fichue poche. La poche elle fait bien son boulot elle. Je le garde avec moi. Pour la chance. C'est ce que j'espère. Parce qu'il me tient bien compagnie. Ça c'est la petite pointe de folie. J'y fais un petit trait chaque fois que je viens ici. Il y en a beaucoup, mais il y a longtemps que j'ai arrêté de les compter. Utopiste fou, ça me convient.

Je soupire et sort un stylo de ma poche pour faire ce petit trait avant de replier mes jambes vers moi pour appuyer le calepin sur mes genoux. Stylo glissé dans un coin de ma bouche, je m'acharne ensuite à compléter quelques mots. Parce que je me rends bien compte avec le temps que je suis vachement pas doué pour ses conneries. Je me suis plutôt rendu compte que je suis doué avec mes doigts. Ah, mais, faut me laisser m'expliquer avant d'imaginer n'importe quoi. Je suis doué pour jouer de la guitare. Ça a été un baume pour ma moitié d'âme de laisser filer tout ce qui me tourmente du bout de mes doigts aux cordes pour en faire quelque chose de plus agréable. Pour l'oreille du moins. C'est justement le mot que je cherchais. Guitare. Je suis peut-être pas si mauvais après tout. Armé d'une motivation nouvelle je m'attaque au suivant en marmonnant pour moi-même.

« Pachyderme... mot de huit lettres... »

Ça devrait être simple à trouver comme réponse ça, mais pourtant je n'y arrive pas. Il y a quelque chose qui me bloque le crâne. Un drôle de pressentiment que je n'arrive pas à expliquer. Aller quoi petite cervelle! Pachyderme de huit lettre ça devrait pas être un défi pour toi! J'appui ma tête contre le mur me servant de dossier. Ce que je peux détester les mots croisés. Je devrais inventer mes propres mots croisés. Comme ça au moins j'arriverais à les faire sans me casser la tête pour des bêtises. Ah l'orgueil et ses bienfaits sur la motivation. Je lance le calepin et le stylo contre le mur me faisant face avec toute la force dont je suis capable. J'en ai marre. J'en ai marre à chaque fois et à chaque fois je repars tout de même avec ce fichu calepin. Comment je peux avoir mérité ça alors que j'ai rien fait!? Où est-ce que tu es!? Pourquoi est-ce que je me sens si mal soudainement? J'ai le sentiment que je vais être malade. Tu arrêtes de faire des loopings maintenant l'estomac! Décidément, il y a quelque chose qui ne va pas avec moi ce soir. Quoi? Ça c'est la question à laquelle j'aimerais bien trouver une réponse.
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MessageMar 15 Avr - 22:39
"Julia, bouge ton cul les tables attendent." Elle relève légèrement la tête, jetant un regard meurtrier au barman bedonnant à l'étroit derrière son comptoir de bois défraichi. Ramassant les bouteilles vies, elle glisse le billet de cinq dollars du pourboire sous sa bretelle de soutien gorge. "Si tu commençais par te sortir les doigts du tien, le service irait sûrement plus vite." L'homme se contente d'un geste vulgaire à son égard auquel elle répond par un sourire moqueur et provocateur. Le spectacle habituel qu'on retrouve dans tout bar de seconde zone qui se respecte. Les soirées se suivent et se ressemblent, sans grande surprise. Les pics, les sourires aguicheurs, des pourboires plus ou moins gros qui viennent soulager les fins de mois difficiles que lui offrent cet emploi précaire. Mais néanmoins, la promesse personnelle de ne plus jamais tomber aussi bas que dans cette ruelle. Et chaque nuit, le même cauchemar, celui de cette nuit où elle a bien cru avoir pris un aller simple vers un monde plus calme, où tous ses ennuis auraient disparu en un claquement de doigt. Même si elle refusait de se l'avouer, rien n'avait été pareil après ce tragique accident. Les professionnels en charge de son dossier médical parlent de choc post-traumatique mais elle, elle savait parfaitement qu'il ne s'agissait pas seulement de ça. Le vide était plus que présent, c'était un sentiment à part, comme si elle avait laissé une part d'elle-même dans cette ruelle.

La soirée s'achève, il est tard ou tôt, tout dépend des gens. Elle enfile son blouson en cuir un peu trop grand couvrant à peine sa mini-jupe bien trop courte et son tee-shirt dévoilant une grande partie de son ventre. Une cigarette coincée entre les lèves, elle se contente d'adresse un grognement à l'adresse du gérant en guise d'aurevoir avant de filer dans les rues moites de Los Angeles. Les cheveux ramassés en arrière, les traits tirés, elle a sûrement l'allure d'une junkie mais c'est bien là le cadet de ses soucis. Machinalement, elle se dirige sur le lieu de l'incident, comme un serial killer revenant sur les lieux du crime dans l'espoir de revivre toutes ces sensations inédites. Sauf qu'elle n'a aucune envie de revivre cette soirée. Elle voudrait simplement comprendre, comprendre pourquoi, comprendre comment. Des bad trip, ça n'aura pas été son premier. Mais quelque chose était différent aujourd'hui c'était un fait.

La ruelle est sombre, bien plus que dans son souvenir. Il lui semble que seul le bout oranger de sa cigarette éclaire son chemin. L'ambiance a des allures d'un mauvais film d'horreur dans lequel des zombies couvert de ketchup viendrait la prendre par surprise derrière la benne à ordures. Mais en guise de créatures surnaturelles, simplement un carnet qui vole d'un bout à l'autre de la largeur de la ruelle. Elle le suit simplement du regard, ne daignant même pas s'inquiéter de la présence d'un tiers dans cet endroit isolé. Il n'y avait plus grand chose à tirer de sa carcasse vide dans tous les cas. Lentement, elle ramasse le carnet, tirant sur sa Marlboro. Un coup d'oeil dans le coin d'où provient le livet de mots croisés mais rien de plus qu'un type, capuche sur le visage. Des tarés en tout genre, elle en a déjà vu, mais des fous de mots croisés, c'était bien la première fois. Sans détour, elle lui renvoie le carnet avant de glisse une main dans une des poches de sa veste trop grande. "Eléphant. C'est pas comme si c'était compliqué." Elle crache la fumée en grandes volutes blanches, dévisageant l'inconnu dans le noir d'un air dédaigneux. Et simplement, elle tourne les talons. Ce qu'elle cherchait ici, c'était la tranquillité, pas de la compagnie.
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MessageMar 22 Avr - 22:42

Un bol de céréales, une pointe de pizza, un hamburger... Non je ne fais pas l'inventaire de ce que mon estomac aimerait bien manger, mais plutôt de ce qu'il a mangé au courant de la journée parce que la simple pensé d'être soudainement atteint d'une maladie quelconque me rend cinglé alors évidemment je pense à une indigestion alimentaire au vu de tout ses trucs dont je me suis goinfré sans retenu aujourd'hui. Un chocolat, une pomme, un sac de carottes miniatures... Tout ça me semble plus que sain bien que apte à faire agoniser mon si fragile intérieur. Ça ne doit pas être ça. Il doit y avoir autre chose, mais quoi? Il ne faut pas que je sois malade, pas avant d'avoir trouvé cette... Ahhhhhh!!!!! J'ai sursauté comme un con en voyant le carnet revenir dans ma direction. D'abord je me suis dit 'il est vivant!' et ensuite j'ai vu qu'il y a simplement quelqu'un qui se tient à mes pieds qui me sort cette réponse que je n'arrivais pas à trouver et dont la voix pose étrangement un baume à mon âme tourmenté qui se calme comme si la peur subite de mourir enrhumé ne m'avait jamais traversé l'esprit. C'est... J'ai relevé les yeux pour l'observer et ça m'a frappé, cette presque absence de vêtements. Comment peut-on sortir habillé de la sorte? Si seulement il n'y avait que ça. Ce qui m'a réellement frappé c'est cette présence dans ma tête lorsqu'elle a tourné les talon sans m'avoir accordé plus qu'un air dédaigneux, dont je me serais bien passé même s'il en faut plus pour me vexer. Cette pensée, cet espoir de tranquillité... dans ma tête... mais c'est...

« ATTEND! »

Je me suis relevé d'un bond, glissant à la hâte mon calepin dans ma poche pour la rattraper de grandes enjambés et venir me placer face à elle. Je suis resté là à l'observer, ouvrant la bouche sans réellement savoir quoi ajouter. J'ai laissé glisser mon capuchon sur mes épaules, ébahi par la machine a miracle qui visiblement a décidé de recommencer à marcher. C'est elle. J'en suis certain. Je le sens. Bon sang, c'est elle. Ce... cette fille à demie nue... j'ai presque envie de pouffer de rire tant je trouve tout ceci ridicule, ça et le fait que visiblement je ne suis pas le seul à jouer les exhibitionnistes. Ah! Mais pourquoi est-ce que c'est la seule conclusion qui arrive à effleurer mon esprit. Elle et là et elle va se sauver si je ne dis pas quelque chose et vite.

« Ça fait des mois que je te cherches, des mois que je viens ici dans l'espoir que tu y reviendras aussi. Si seulement tu savais comme je suis heureux d'afin d'avoir trouvé. C'est... wow... »

Je m'enfonce pas un peu là? Si, carrément. Surtout au débit exponentiellement trop rapide auquel j'ai expié tout ça. Elle va me prendre pour un cinglé et peut-être même un obsédé à la reluquer comme ça en souriant comme un imbécile heureux. Heureusement que je me suis retenu de peu pour ne pas la prendre dans mes bras parce que là je sens que ça aurait été foutu. Je dois me rattraper avant qu'elle fuie à toutes jambes.

« Te souviens-tu cette nuit, une nuit où il s'est passé un truc important? Assez important pour te secouer de l'intérieur à un tel point que tu ne veux plus repenser à tout ça. C'est une nuit où tu t'es soudainement sentie... incomplète. Il te manque ce petit truc sur lequel t'arrive pas à mettre le doigt depuis, ce grand vide que t'arrive pas à combler, cette petite douleur qui te pince l'âme de temps à autre sans que tu saches pourquoi. »

Et si là j'étais trop flou? Après tout je sais pas moi comment ça se passe pour le lié. Je sais simplement que moi je me sens bien soudainement, bien et complet et que j'ai plus envie de la laisser filer même si je dois faire un con de moi pour la convaincre que je dois lui coller au basques en presque permanence maintenant que je l'ai retrouvé parce que la vie sans ça est trop pénible à endurer, trop vide.

« Je suis ton Dæmon... »

La franchise il n'y a que ça de vrai au final.

« Ça doit te sembler cinglé, je me doute bien et... je veux pas t'effrayer tu vois. Je veux pas passer pour un maniaque ou je sais pas quoi, mais je sens ça je t'assure. J'entends ce que tu penses. Tu espérais un peu de tranquillité en venant ici pas vrai? Faut me croire je t'en pris. Je suis venu ici souvent depuis plusieurs mois parce que c'est ici que je suis arrivé et je me suis dit que tu repasserais peut-être et voilà, tu es là... je me répète... Dis-moi que tu me crois par pitié. Qu'est-ce que je peux dire pour que tu me crois? »

Liam ou l'art de passer de l'excitation enfantine à la terreur chronique en l'espace de quelques minutes, au fil de quelques paroles. Aller, dit quelque chose avant que mon cœur me fasse le coup de la roulette russe et se prenne la balle qui va m'achever.
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MessageMar 6 Mai - 20:41
On ne pouvait donc jamais être seule dans cette ville. Elle aurait donné n'importe quoi pour voir disparaitre cet individu de cet endroit. De sa rue. Oui, elle se l'appropriait, et sûrement que ses réflexions étaient puériles. Mais dès qu'elle avait mis les pieds ici, là où tout avait changé, elle s'était sentie bien, comme paisée. Même les drogues les plus puissantes qu'elle avait pu essayer ne lui donnait pas ce sentiment de plénitude. Alors voir ce type, avec sa capuche et ses mots croisés, il n'en avait pas fallu beaucoup plus pour la contrarier. Agacée au plus haut point, elle finit par tourner les talons pour quitter la rue et rejoindre l'artère passante où les sirènes incessantes camoufleraient peut-être un peu le vide qui sévissait depuis des mois dans son cerveau. Mais finalement, elle s'arrête, inspirant profondément la fumée de sa cigarette. Cette voix, elle la connaissait, elle en était sûre. Celle du type bizarre à qui elle avait rebalancé le carnet de mots croisés. Est-ce qu'ils s'étaient déjà rencontrés ? Elle n'avait même pas fait attention à son visage, difficile à dire. Alors elle se tourne à nouveau, reculant d'un pas en le voyant arrivé si vite vers elle.
"Qu'est-ce que tu m'veux ?"
Elle n'était pas de nature trouillarde mais elle n'avait aucune envie de finir dans la rubrique faits divers d'un journal de Los Angeles scandant la montée en puissance de la criminalité. La jeune femme plisse un peu des yeux, son visage lui semble familier sans qu'elle ne parvienne à le replacer quelque part. Est-ce qu'ils avaient déjà couché ensemble ? Partagés un joint, une ligne ? Après tout, il ne serait pas le premier type dont elle aurait oublié jusqu'à la couleur de ses yeux après avoir profité de lui pour une nuit. Mais déterrer les fantômes de son passé ne lui disait rien, ne restait plus qu'à l'envyer sur les roses et à regagner son solitaire petit appartement de banlieue. Et vu son discours, elle ne s'était peut-être pas trompée. Bien qu'il lui semble étrange. La chercher ? Espérer qu'elle revienne ici ? Est-ce qu'il avait assisté à son overdose ? C'était peut-être lui qui avait appelé l'ambulance quand elle sombrait dans le coma. Elle tente d'articuler quelque chose mais rien ne lui vient. Son sarcasme habituel semble l'avoir quitté alors qu'elle le dévisage de haut en bas, sa cigarette se consumant toute seule au bout de ses doigts. Il n'avait pourtant rien d'un drogué même si il n'était pas très épais et avait le visage creusé. Avec toutes ses mauvaises fréquentations, elle savait en reconnaître un quand elle en voyait. Dans tous les cas, son comportement n'a rien de rassurant. Un nouveau pas en arrière et elle est sur le point de partir en courant quand il se remet à parler. Quelque chose qui l'avait remué de l'intérieur ? Qu'est-ce qu'il pouvait bien savoir de ses sentiments et qu'est-ce que ça pouvait lui faire. Ce type était taré, un psychopathe en puissance dont elle était l'objet du délire fanatique. Elle fronce les sourcils, balançant le mégot de sa cigarette.
"En quoi ça te regarde ? T'es psy peut-être ?"
Une chose dont elle n'avait pas besoin, c'était bien d'un de ces mecs qui se prenait pour de grands chevaliers à vouloir sauver de pauvres filles dans la rue complètement paumée. Qu'il se trouve une autre donzelle à sauver, il avait visé la mauvaise cible. Mais la révélation qu'il formule la laisse une nouvelle fois sans voix. Son quoi ? Ces trucs dont on parlait à la télé, aux infos et dans tous les journaux ? Pour elle, ce n'était qu'un ramassis de conneries, une tentative de distraire les gens avec des histoires de surnaturel. Personne n'était capable de créer un être comme ça, par la simple force de son esprit; Et si c'était le cas, elle ne ferait sûrement pas partie de ces personnes là. Aussi, elle ne peut retenir le large sourire qui s'étale sur ses lèvres. Puis vient le rire, un rire de gêne, compulsif, impossible à arrêter alors qu'il se répand en explications. Qu'est-ce qu'elle peut en avoir à faire de toute façon de ses explications ? Aussi à sa question sur la crédibilité de ses propos, elle tente de retrouver un peu de son sérieux.
"Mais bien sûr que je te crois. Tu es mon ... daemon. Et alors quoi ? Je te ramène chez moi et on vit heureux pour le restant de nos jours ?"
Elle penche sa tête sur le côté, son sourire moqueur toujours accroché au visage. Un pas en avant et soudain, le sérieux lui revient, presque menaçant sous l'éclairage des lampadaires.
"C'est que des conneries, ça existe pas les happy ending, encore moins pour les tarés dans ton genre."
Sans qu'elle ne réussisse à se contrôler, son poing part et s'écrase dans un bruit désagréable sur le visage du type. La violence n'était certainement pas la meilleure des solutions mais c'était la seule qu'elle avait trouvé au cours de sa vie pour mettre un terme à tout ce qui lui posait problème. Tournant à nouveau les talons, elle le dévisage une dernière fois avec mépris avant d'accélérer le pas dans l'artère passante.
Et perdue dans les inconnus, elle ne peut cependant pas oublier ce qui vient de passer, tout comme elle ne peut pas feindre que ce sentiment de plénitude a disparu aussi vite qu'il n'était apparu. Est-ce qu'elle avait eu tort ? Arrêtée au milieu des piétons, elle cache son visage de ses mains. Ca ne peut pas être ça, ce n'est pas possible, ce n'est pas rationnel. Il n'est pas vrai. Et pourtant ses phalanges contre l’arête de son nez, ça n'avait rien de fictif.
"Fais chier."
Elle tape du pied avant de faire demi-tour. Il fallait qu'elle s'en assure, qu'elle se prouve à elle-même que ses sensations n'étaient en rien liées à ce taré perdu dans sa ruelle. Qu'il n'avait fait que mentir, comme tous les autres. Mais plus elle s'approche de la rue, plus tout lui revient. La plénitude, le calme, tout ce qu'elle n'a jamais eu soudain offert sur un plateau d'argent. Et au milieu de la ruelle, elle l'aperçoit. Accolée au mur de briques rouges, elle se contente d'observer discrètement, de constater son erreur même si l'admettre lui est impossible. Il lui semble préférable de shooter dans une canette vide pour signaler sa présence, jouant avec ses ongles comme si de rien n'était.
"Ca va?"
Elle ne l'a sûrement pas frappé assez fort pour lui casser le nez mais c'était toujours une bonne question pour établir un contact. Et si ce qu'il disait était vrai, mieux valait pour lui qu'il soit apte à encaisser les coups si il avait espoir de survivre à ses côtés.
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MessageVen 16 Mai - 1:38

Des secondes, des minutes, des heures, des jours, des semaines, des mois... encore de la chance que je ne me sois pas rendu à des années parce que je crois que j'aurais eu le temps d'imploser de l'intérieur et m'auto aspirer pour disparaître à tout jamais tant j'en aurait été secoué. Des mois, simplement quelques mois, quelques minuscules page de calendrier que j'ai tourné... sauf que j'ai pas de calendrier... L'intention est là. Des mois que je reviens dans cette minuscule et cruelle petite ruelle qui ne m'a jamais vraiment apprécier je le sens. Il n'y avait que moi et ses stupides mots croisés tout comme il y a à peine quelques minutes il n'y avait que moi et ce petit calepin que je serre de toute mes forces dans ma main dans l'attente de sa réaction. J'ai tout dit, tout craché. Façon de parler. Je me sens déjà suffisamment malpoli. Un peu plus et je lui sautais au cou. J'en était pas très loin pour tout dire. La réaction actuelle n'a tout de même pas été mieux. J'aurais pu courir dans sa direction en battant des bras comme un oiseau tout en criant BOUYABOUYA et on en serait au même point. C'est la première fois que je la vois et j'ai réussi à faire un imbécile de moi. Bon, d'accord je l'admets, je suis un imbécile, mais ça aurait justement été le bon moment pour avoir un peu d'espoir et faire preuve d'un minimum d'intelligence. Mais non, c'est pas moi ça. J'ai plutôt tourné autour du pot avant de littéralement lui lancer à la gueule. Je m'attendais à quoi ensuite? Un petit bisou? Un câlin? Hop, on se sauve, on vit notre vie et tout est magique et merveilleux? Ça aurait été trop beau. La machine a miracle a peut-être repris du service, mais elle s'y active avec parcimonie.

J'y ai cru lorsque je l'ai vu sourire. Je crois même que mon visage s'est illuminé un instant... avant de complètement se décomposer. Le sourire s'est transformé en rire, en une évocation de mots auxquels oui j'aurais adhérer, mais visiblement la prix de l'adhésion à la carte 'bonheur jusqu'à la fin de vos jours' est trop élevé pour moi. Elle me l'a arraché avant même que j'aie pu en sentir la texture sous mes doigts, elle me l'a arraché tout comme mon espoir que j'ai vu s'émietter devant mes yeux en minuscules morceaux que je n'ai pas su rattraper.

« Mais je suis pas un... »

J'ai parlé vite, mais visiblement pas suffisamment. Faut dire que j'ai été à la fois surpris, blessé et même un peu détruit par son poing qui s'est écrasé en plein centre de ma tronche. Elle a de la force dans le bras pour une fille. Elle m'a complètement sonné et pendant un instant j'ai même vu rouge, mais je ne serais dire si c'est parce que le sang m'a giclé jusqu'aux yeux ou si ce n'était qu'un vague accès de colère qui s'est dissipé tout aussi vite qu'il est apparut. Lorsque j'ai finalement repris mes esprits, je l'ai observé s'éloigner, complètement médusé, avant de glisser l'index sur mon nez que je sentais comme les chutes du Niagara. J'exagère à peine. Lorsque je l'ai placé devant mes yeux il était couvert de sang. Mon sang. J'ai palpé mon nez pour me rassurer. Il est encore là. C'est bien. Le nez enfoncé en plein centre du visage n'aurait pas vraiment rehaussé ma beauté naturelle. Ouais, j'ai le nez en sang, bien que sans doute pas cassé au vu du faible niveau de douleur, ma liée vient de se sauver sans que je n'aie trouvé quoi ajouter de plus pour la retenir, et je trouve tout de même des conneries à m'évoquer. Je suis vraiment un cas désespéré. Qu'est-ce que je suis supposé faire? Chialer comme un môme dans l'espoir qu'elle m'entende et me prenne en pitié, qu'elle me prenne par la main et me paie une glace? Pas trop mon type non. Je me suis plutôt appuyé sur le mur le plus près, usant de ma manche à défaut d'avoir quoi que ce soit d'autre pour essuyer les larmes de sang que mon nez a expié en guise de consolation.

Et qu'est-ce que je suis censé faire maintenant? Ça fait des mois que j'espère ça et lorsque le moment arrive enfin, je me mets les pieds dans les plats et je fais une chute magistrale qui l'a simplement fait fuir en plus de rehausser ma réputation face à la ruelle. Non que l'avis de la ruelle me préoccupe vraiment, mais je vais vraiment commencer à croire qu'elle est maudite. Ou peut-être que c'est moi qui l'est... J'ai encore sursauté comme un con en entendant le bruit de la canette bondir à mes pieds. Il faut dire que j'étais perdu dans mes pensé en plus de m'attendre à tout sauf son ELLE lorsque j'ai relevé les yeux. Si ça va!? Je vais te dire moi si ça va! Je suis allé me planté droit devant elle, la pointant d'un doigt menaçant avant de lever les yeux au ciel.

« C'est qu'un peu de sang. Je devrais pas en crever. »

Traduction : Mais qu'est-ce qui t'a pris bon sang!? Ça fait un mal de chien! Je suis pas un super héro. J'encaisse pas tous les coups sans dommages. Jolie droite au passage. Mais ça se fait pas de frapper les gens comme ça!

« Je suis désolé. Je voulais vraiment pas te foutre la trouille. C'est simplement que ça fait des mois que c'est arrivé et... j'avais perdu espoir. Je crois que j'ai été un peu trop... hystérique. »

Traduction : Je nie pas que je suis un cinglé, mais je suis cinglé dans le bon sens. Je l'espère en tout cas. Je blâme la ruelle. C'est de sa faute. Elle me rend complètement dingue. BOUYABOUYA! T'aurais préféré que je te saute direct au cou peut-être? Je sais pas ce que tu en penses, mais je crois que ça aurait été vachement plus douloureux. Pour moi. Je frappe pas les filles.

Trop bien élevé. J'ai gardé ma manche sous mon nez tout en lui tendant ma seconde main. J'ai hésité un peu je dois l'admettre, mais je me suis dit que recommencer sur de meilleures bases m'éviterais peut-être de la voir se sauver en courant.

« Je m'appelle Liam et je ne suis en rien un prince charmant. Je ne vends pas de happy ending et je ne me balade pas non plus avec sept nains. J'ai le sang rouge, pas vert, et j'ai même un cœur qui bat quelque part sous les vêtements et la chaire. Je suis pas armé et visiblement tu est plus dangereuse que moi. Ceci étant précisé, je propose un café qu'on puisse parler de façon plus civilisé et que je puisse au passage essuyer tout ce sang avant de me noyer dedans. Alors, café? Il y a un Starbuck juste à côté et il a une jolie vitrine toute propre, mais un peu dure... et je raconte beaucoup de conneries... café donc... »

Ferme-là, maintenant, chuttt. Écoute et attend.
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