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 A s'en griller le cuir. 
MessageSam 25 Jan - 18:52

A s'en griller le cuir

Cléopâtre reposa son téléphone en levant les yeux. Il venait de s'installer avec son café fraichement servi. Un noir bien serré, pas de sucre. De quoi réveiller la bête, de quoi défroisser les muscles. Comme toujours, son prénom était écorché et ressemblait plus à quelque chose comme "claiopalre".

Le daemon tirait une tête d'enterrement malgré le sourire suspect qui barrait son visage. Il avait dansé toute la nuit, enchainé de quelques heures de travail et était retourné s'effondrer dans son lit, droit comme la mort.
C'est précisément à ce moment que son téléphone avait bipé. D'un son si froid qu'il lui avait éclaté l'occiput avec la précision d'un stylo bille.

Il avait fallu de longues minutes de bataille intérieure pour qu'enfin son bras se tende, attrape son téléphone. C'était Auster. Un texto qui voulait le voir.

Cléo avait râlé, s'était retourné dans son lit et avait plongé la tête sous la couette. Le lié n'avait qu'à attendre, il n'avait pas le temps d'être à sa disposition quand ce dernier le souhaitait. On n'envoyait pas des messages comme ça pour se voir, genre, juste comme ça. Il fallait un cérémonial, ou ptet même des nouvelles ne datant pas de la semaine dernière.

Fuck.

Quatre minutes plus tard, Cléo dévalait son escalier en envoyant "j'arrive".

Évidemment, il avait été trop rapide. La fatigue pesait un peu et il avait étendu sa frêle silhouette de tout son long, fondu ses omoplates aux stries métalliques de sa chaise. Le geste leste, il attrapa le café encore un peu trop chaud et le porta à ses lèvres pour tirer une vaine gorgée.

Du coin du regard, il surveillait la rue. Il savait de quel côté Auster arrivait tout le temps. A chaque rencontre, son sourire était toujours apparu de derrière cette petite boutique là-bas.
Cléo aimait ça. Que la topographie des lieux face apparaitre son lié de manière quasi mystique.
Une table plus loin et le charme était rompu. La perspective ne fonctionnant plus.
Cléo mettait un point d'honneur à s'installer toujours au même endroit.

Et il fixait.

Malgré sa fatigue, il sentait un certain étonnement pointer. Le principal reposait sur un simple fait, un peu anodin pour quiconque. Pour une fois, Cléo n'avait pas initié cette rencontre. Pour une fois, on était venu le chercher.

Il baissa les yeux pour aller chercher ses lunettes de soleil qu'il vissa sur son nez. Le genre de truc qui vous déguise des cernes plus efficacement qu'un coquard.
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Dernière édition par Cléopâtre Quinn le Sam 1 Fév - 23:27, édité 3 fois
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MessageSam 25 Jan - 20:13
Grace avait été chiante ce matin-là. Et tu fais quoi au boulot ? Et tu rentres tard ce soir ? E tu as vu quand Cléo pour la dernière fois ? Et patati, et patata... Après une bise rapide sur la joue, malgré sa mine boudeuse, Auster était sorti de la maison en quatrième vitesse pour sauter dans le tram le plus proche avant de changer pour un bus qui le mènerait en centre ville. Entendons-nous bien. Grace, c'est l'amour de sa vie, la seule femme qu'il a jamais aimé, et la seule qu'il aimera probablement d'un amour aussi sincère et profond. Ils ne se sont jamais quittés depuis leur enfance, à part durant les quelques voyages en France pour son travail d'interprète, pour le compte de l'entreprise pour laquelle il travaille. Mais parfois... souvent... de plus en plus souvent même, la jeune femme avait le don de lui taper sur le système. Tout remonte à il y a un an, quand Grace a demandé Auster en mariage ! Surpris tout autant que décontenancé, il se demandait souvent pourquoi cette démarche n'était pas venu de lui, bien avant. Et par-dessus tout, il se demandait pourquoi il n'avait pas accepté. La présence de Cléopâtre y était peut-être pour quelque chose me direz-vous... Vous n'auriez peut-être pas tord. Et depuis ce jour, la jeune femme a beaucoup changé et Auster se sent coupable de ne pouvoir apporter à l'amour de sa vie tout ce qu'elle attend, ce dont elle a besoin, et surtout ce qu'elle mérite. Il lui arrivait même de se demandait s'il était sain de continuer dans cette situation. Mais en y réfléchissant, il devait bien reconnaître qu'il ne voyait pas sa vie sans Grace à ses côtés.

Mais il y avait Cléopâtre désormais. Et cette donnée n'était pas négligeable ! Surtout quand l'intéressé mettait un point d'honneur à taquiner Grace quand elle était dans les parages. Surtout quand il squattait le canapé en rentrant tard d'une soirée et qu'il était trop soul pour retrouver le chemin de son appartement. Surtout quand son regard croisait celui d'Auster et qu'Auster ne savait plus penser alors et devenait confus, évasif... Alors il rentrait presque dans son jeu. Il taquinait Grace à son tour, plus que d'habitude, ce qui avait le don d'énerver la blonde et l'amusait encore plus. Mais lui fendait le coeur aussi. Pourquoi devait-il se comporter comme le dernier des crétins ???

Un texto plus tard, Auster fermait sa sacoche et se dirigeait vers l'ascenseur en compagnie de quelques collègues.

-Alors, tu vas retrouver ta petite femme, Auster ?
-Non, j'ai une course à faire avant. Et je vais boire un café avec un ami.
-Et tu l'épouses quand ta blonde, dis, il serait peut-être temps, tu crois pas ? Et quand est-ce que tu lui fais un marmot ?
-Haha...


Heureusement, la cloche de l'ascenseur infernal retentit, les portes s'ouvrirent et les collègues se dirigèrent vers le parking souterrain, tandis que le grand brun sortait de l'immeuble en direction de la rue, après un dernier salut à ses collègues.

*Bandes d'abrutis* Pensa-t-il alors qu'il levait le bras pour attraper un bus au passage. Pourquoi fallait-il toujours s'en tenir à un schéma conventionnel dans un couple ? Pourquoi ne pouvait-il pas vivre avec Grace sans forcément parler mariage et enfant ? Non pas qu'il n'aimait pas les enfants, mais il n'avait jamais pensé en avoir un jour... mais depuis quelques temps, et depuis ce jour l'année dernière où sa compagne lui avait demandé sa main, la question était revenue plusieurs fois...

Un léger sourire apparu aux coins de ses lèvres quand il passa le coin de la rue et que son regard se posa sur le starbucks où il devait retrouver Cléo. Sans vraiment savoir pourquoi, penser à son Daemon, l'être qui était là pour lui, qui le complétait, lui donner du baume au coeur, et tous ses tracas s'envolaient. Il poussa la porte, avisa le jeune homme planqué derrière ses lunettes noires au fond de la salle, et lui lança un clin d'oeil pour lui signifier qu'il l'avait vu. Puis il alla commander un cappuccino et se dirigea vers la table où ils s'installaient toujours, dans une sorte de routine bien à eux.

-Salut. Dit-il simplement à l'intention du jeune homme. Désolé, mon patron m'a donné du travail en plus, et j'ai dû faire une course pour Grace. Ça va ? Tu as encore pas dormi que tu te caches, là ?

Il posa sa sacoche sur une chaise, ôta sa veste et s'assit enfin en face de Cléopâtre. Comme il sortait du travail, il portait un costume taillé noir, avec une chemise violette foncée et une cravate noire. Il n'avait pas vraiment prévu de se changer et se demanda si cette tenue était vraiment adaptée, mais abandonna ses pensées et remercia le serveur qui lui apporta sa commande.

-Alors, quoi de neuf ? Ça se passe bien le boulot ?
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MessageDim 2 Fév - 0:39

A s'en griller le cuir

Cléopâtre l'observa s'assoir en silence, ses lunettes vissées sur son nez. La fatigue le pesait et cette rencontre n'était pas aussi aimable qu'il l'aurait souhaité. Pour la première fois, il s'étonna de rêver à son lit, au confort de son oreiller. Chaque nerf tirait dans sa gaine de muscle, et la bête s'écoulait en longues volutes le long de son dos. Croisant et décroisant les jambes il ne trouvait pas de position, s'étirait, rugissait de l'intérieur.

Tu es bien mignon avec ta belle gueule Auster, mais aujourd'hui tu ne produis rien. Je suis crevé, j'ai envie de m'effondrer quelque part et ce n'est que le lien qui me traine dans cet endroit trop blanc, trop agressif. Trop propre.

Cléo rejeta la tête en arrière, les lèvres pincées. Les yeux clos derrière ses verres, il se passa la main sur le visage.

Okais, focus. Maintenant Cléo. Concentration.

"Tu me connais, j'arrête jamais. Je t'en évite la vision."

Sourire.
La nuit dernière, Cléo s'était enfilé assez de speed pour durer jusqu'à l'extinction et attaquer le boulot en rentrant, l'haleine encore fraiche de trop de téquila.

Sirotant son café, le cœur au bord des lèvres. Cléo se rejeta tout à fait sur sa chaise, les épaules basses, son mug posé sur la cuisse.

Il y avait chez Auster cette vacuité des éléments, cette perfection de beau garçon qui le fascinait. Ça n'avait rien à voir avec leur connexion. Avec le peu de caractère qu'il avait pu construire en si peu de temps; Cléo avait développé un malaise confortable face à la perfection.

Il en détestait tout, d'une petite rage cordiale.
Du tombé nickel de sa cravate jusqu'aux couleurs accordées de son costume de pingouin. De cette mèche qui s'extrayait d'une coiffure trop classique, pour donner un quelque chose de plus. D'un sourire aligné, sans la moindre attache, de lèvres jamais teintées par le café, la nicotine. De n'être jamais fatigué, jamais distrait, jamais étonné. Toujours narquois comme il le faut.
En réalité, il haïssait par-dessus tout le petit intérieur rangé de Grace, de cette maison en périphérie, bien propre comme il le faut. Bien éloignée de tout le bruit, de toute la fureur.

Cléo n'aimait jamais autant Auster que lors de ces trop courtes nuits où il débarquait. De ces courtes nuits où Auster se couchait tard, avachi sur le canapé, en pyjama, défroqué, déglingué. Et qu'ils parlaient, encore, jusqu'à ce que la lumière ne chasse Cléo dans des endroits plus sombres. Il aimait le voir les yeux rougis le matin.

Il fuyait toujours avant qu'Auster ne se prépare, qu'il n'émerge de la salle de bain, transformé, déguisé en bureaucrate. Il parachevait en général le tout en sortant la voiture pour le raccompagner. Exceptionnellement la voiture. De cette odeur de cuir neuf.
De ces voitures qu'on entretient.
Parce qu’il y a le crédit derrière.

Alors quand Auster lui demanda si le boulot allait bien. Cléo sortit de ses gonds, tout de go, avec un petit sourire aimable.

"Le taff me fait chier mais il me faut bien du fric pour me payer ma boite à sardine. Si tu veux vraiment savoir, demande-moi ce que j'ai fait cette nuit"

Il reposa doucement son mug sur la table. Sans attendre.

"Je me suis baladé sur la grande avenue, j'ai commencé au Star's box mais la musique était chiante et la tise trop chère. Alors j'ai marché, j'ai claqué dix boules dans les roses d'un vendeur de rue. J'avais l'air con avec mon bouquet, puis j'me suis dit que j'allais les offrir au Troubadour. J'en ai filé pas mal, et avec le sourire en plus. Ensuite, j'ai regardé ma montre, et je devais aller au taff. Alors j'me suis extrait de la foule pour m'insérer dans mon petit tablier. Je me suis endormi, j'ai fait un trou dans la caisse et j'me suis fait engueuler. Je suis rentré, tu m'as sonné et me voilà".

Cléo ferma les yeux derrière ses lunettes. Il s'adossa à la table, avant d'y couler un peu plus.

"Mais j'imagine que c'était pas pour ça que tu voulais me voir, non ? "

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MessageJeu 6 Fév - 18:02

L'amabilité même, Cléopâtre se renfrogna, comme à son habitude, en sirotant son café, ses lunettes noires sur son nez, calé dans le fond de sa chaise. Auster l'écouta en silence raconter sa soirée, sa nuit et son boulot. L'espace d'une seconde, Auster se demandait ce qu'il faisait là et pourquoi il avait posé cette question stupide. Elles étaient coutumières les fois où son Daemon atterrissait chez lui pour squatter le salon et le canapé, durant des nuits entières où les deux jeunes hommes palabraient, riaient, se chamaillaient. Chaque fois, Grace tirait la tronche. Parfois elle partait même et allait dormir chez une amie qui habitait à côté. Souvent, elle se levait plusieurs fois et Auster avait conscience de lui faire du mal, mais il ne pouvait s'en empêcher, tout simplement. Passer du temps en compagnie de son Daemon lui était devenu vital, indispensable et Grace devrait s'y faire.

Auster porta son cappuccino à ses lèvres et en huma le parfum léger. Puis il souffla et y trempa le bout des lèvres, mais grimaça comme il était trop chaud. Il le reposa finalement devant lui et fixa Cléo, qui avait la mine boudeuse. Impassible, son visage restant le plus sérieux du monde, il répliqua.

-Tu as raison, je t'ai fait venir pour te dire de ne plus venir à la maison, Grace m'en fait un flan à chaque fois et je commence à en avoir marre.

L'ironie était souvent mal perçue par Cléopâtre et Auster semblait prendre un malin plaisir à le laisser dans la confusion, mais la gêne qu'il ressentait en présence de son Daemon ne l'aidait pas à garder les idées claires. Ceux qui le connaissaient avaient appris à discerner le vrai du faux, quand il était sérieux ou qu'il plaisantait, mais il arrivait parfois que ses propos soient mal interprétés. Pour autant, il ne corrigeait pas le tir et préférait la confrontation plutôt que l'ennui d'une explication.

La situation de Cléopâtre n'était pas simple. Sa vie n'était pas simple. Son existence une anomalie. Mais Auster, même s'il en avait conscience au fond de lui, ne parvenait à se faire à l'idée. Et pourtant, il sentait un fort attachement envers le jeune homme et maintenant qu'il s'était habitué à lui, il lui serait difficile de concevoir sa vie sans lui, tout comme il ne pouvait imaginer sa vie sans Grace. Il était souvent perdu face à cette situation et plutôt que d'en parler et d'exprimer son embarras, préférait tout garder et laisser faire. Que pouvait-il faire de plus de toute façon ? Il était là pour Cléo si le Daemon en ressentait le besoin. Il l'avait hébergé le temps qu'il se trouve un logement, et l'aurait hébergé encore si Grace n'avait insisté pour qu'il parte. Il ne savait quoi faire de plus pour améliorer son existence.

Voyant que peut-être ses propos étaient allés trop loin, il esquissa un sourire à l'intention de Cléo et but une gorgée de sa boisson avant de reprendre, d'un air moins sérieux.

-J'avais juste envie de décompresser après le boulot. Désolé de t'avoir empêché de dormir. Je te raccompagne dès que tu veux.
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MessageMer 12 Fév - 17:17

A s'en griller le cuir

Cléo rata un battement, littéralement. Pas son cœur mais son être entier. De ces moments d'agonie pure où l'on souffle un "je te n'aime plus" et qu'il ne reste que le silence et le monstre qui hurle, là, derrière.

Pardon ?
Marre ?

Cléo resta interdit derrière ses lunettes.
Une simple phrase qui attaqua si profondément l'os qu'il en eu le vertige.
Bien sur, pauvre fou, inconsciente petite créature. Comment, avais tu pu penser, un seul instant qu'il venait te voir, toi, là, dans votre café. Il ne voulait jamais te voir et quand il le voulait c'était pour ça.
Juste pour ça.
Pas pour te voir sourire, pas pour éclairer un peu ta journée.

Mais pour laver la sienne, écarter d'un revers de main les ennuis que tu représentes, toi, Cléo.

Pauvre petite bête, qui te ronge dans le fond.
Et qui ne comprends pas.

Cléo ne comprends pas. Il est suffisamment cloué à son siège pour tout ignorer de l'ironie froide, de l'amusement un peu cruel d'Auster.
Après tout, on abat bien les chevaux.

Pauvre fou, sombre crétin. Les doigts serrés sur ton café, qui serre les mandibules à s'en rompre la mâchoire.
Rompre, casser, mutiler encore.

Alors quand Auster ouvre encore sa petite gueule crane. Qu'il continue - je voulais seulement me changer les idées du boulot.
Bien sur, Cléo le bouffon.

Tu te casse quand tu veux.
Casse toi Cléo.


Il a éventré son mug de carton, les ongles se sont plantés si profondément dans le papier qu'ils l'ont déchiré.
Le café lui brule la main mais il n'y prête pas attention.

Il a les relents de tout ce qui le martyrise depuis un an et qu'il tait.
Je pourrais t'enfoncer la tronche dans cette jolie petite table Auster, là, maintenant. Je pourrais me tuer en même temps que toi.

Mais il ne dit rien.
Car Auster, même sait, qu'on l'assassine à distance à travers l'opacité de ces lunettes.
Que mille mots ne valent pas cette image.

Tu en as marre ?

Et moi ?
ET MOI ? Putain.

Non, ce n'est pas la faute d'Auster. C'est Grace la coupable, elle, et son regard hautain.

Cléo réagit enfin, le regard se baisse. Il enlève ses lunettes et tends le bras pour attraper des serviettes sur le comptoir non loin et en éponge la table. Le café a coulé sur ses genoux, taché son sac. Il soupire, se relance sur sa chaise.

"Ça leur fera une expérience de plus"

Silence, malaise.

"Pardon, je me suis à moitié endormi. Je fais de la merde quand je suis fatigué. En tout cas, c'est noté. Pauvre petite Graisse. De toute façon, je ne viendrais plus te squatter la nuit, je vais bientôt vivre avec Reese. On va essayer de déménager dans une autre ville, il y a du meilleur taff pour les daemons là-bas aussi".
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MessageDim 16 Fév - 17:13
Classique. Cleopatre ne saisit pas la subtilité et l'ironie des phrases d'Auster. A tel point que celui-ci se demandait si Cleo était vraiment son Daemon. Ne disait-on pas que les Daemon pouvaient lire dans les pensées de leur Lié ? Qu'ils ressentaient ce que l'autre ressentait ? Il y avait quelque chose qui clochait entre eux mais Auster n'avait pas vraiment envie de savoir quoi, ni comment y remédier. Il avait bien assez de ses problèmes avec Grace depuis l'apparition de Cleo, et l'attachement qu'il ressentait envers le jeune homme ! Lui qui s'était juré de ne plus s'attacher à personne, en dehors de sa compagne... Voilà qui était loupé !

Mais il ne montra pas le désarroi dans lequel la réaction de son Daemon le laissa.

Il continua à regarder le jeune homme avec son sempiternel sourire en coin, alors que Cleo s'excusait et argumentait comme il le pouvait, tentant de garder une contenance face à une situation qui lui échappait. Cependant, les propos du Daemon firent mouche et Auster perdit son sourire pour redevenir sérieux ; vraiment sérieux, cette fois.

-Oh... lâcha-t-il bien malgré lui, en reposant son cappuccino sur la table et fixant une tâche sur le plastique épais. Il rest aun instant silencieux, sans trop savoir quoi répondre. Même ses pensées semblaient s'être arrêtées. Jamais il n'avait imaginé que Cleo pouvait avoir la possibilité de partir. Savoir qu'il avait un Daemon l'avait un peu conforté dans une sorte de routine rassurante, et avec tout ce qu'il avait entendu sur le sujet depuis trois ou trois ans, il s'était dit qu'une fois acquis, son Daemon ne pouvait plus le quitter, et disparaître de sa vie. Son rythme cardiaque s'emballait, et il sentait ses mains devenir moites. Il avait chaud et sentait la sueur lui montait au front. Il se passa une main nerveuse dans les cheveux, remettant quelques mèches en arrière, et regarda de nouveau Cleo.

-Tu es sérieux ? Je veux dire, quand tu dis que tu vas partir dans une autre ville, c'est sérieux ? Si c'est ton taf qui te pose problème, je peux te trouver autre chose si tu veux. Je peux me renseigner dans ma boîte, s'ils cherchent quelqu'un.

Il avait peur de perdre cette part de lui-même qu'il pouvait voir de ses propres yeux, mais il était trop fier pour l'admettre. Trop fier pour remettre les choses à leur juste place aussi et s'excuser. Grace avait l'habitude de ce comportement, et elle était peut-être la seule à savoir quand il était sérieux ou qu'il plaisanter, du moins jusqu'à il y a un an environ. Du coup, il avait perdu l'habitude de faire l'effort de se montrer moins sarcastique.

Il hésita pendant une seconde, sa main trainant sur le rebord de la table, prête à aller frôler celle de Cléopâtre, mais il se ravisa au dernier moment et serra les poings sur ses cuisses sous la table. Il serrait les dents, si fort que ses mâchoires en grinçaient presque.
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MessageVen 11 Avr - 17:27

A s'en griller le cuir

Mensonge.

Si Cléopâtre pouvait lire dans les pensées de son lié, il s'en était toujours gardé. Il n'était pas de ce genre. La bête refusait de savoir, impossible de se résoudre à savoir ce qui se passait dans une tête inconnue.

Cléo était déjà trop flou dans sa trame pour se plomber de paroles nouvelles, de mot qui ne lui appartenaient pas, de choses et de sentiments qu'il ne pourrait jamais comprendre.
Car Cléo ne voyait rien, il était aveugle au royaume des borgnes. Une gentille petite silhouette qui déambule en claudiquant dans le labyrinthe des devinettes. Il ne voyait rien.

Bien sur, Auster, que Cléo ne voit pas ton trouble. Qu'il ne se rend compte de rien. Ca fait un an qu'il s'est tissé au coeur de l'inconnu, dans le rejet, dans ce marasme de petites choses qui empêchent d'attirer la sympathie.

Il aurait voulu un geste, un clignement, quelque chose. Une infime inflexion en sa direction, quelque chose qui aurait dis - va pour cette fois, je ne te renvoie pas aux songes. Je te veux un peu.

Mais Cléo ne voit jamais rien.
C'est un leitmotiv.

Bien sur qu'il ne va pas se casser dans une autre ville. Tu n'es pas si dupe Auster, une telle distance le tuerait, lui romprait les os à l'envers.
Et Cléo n'est pas le genre de mec à supporter ce genre de truc.
Il préfère s'extraire de son lit, se ruer à cette table et supporter ton va et vient des émotions.
Alors qu'il pourrait juste vivre de l'autre côté de la ville et s'arrange pour ne jamais te croiser.

Mais dans son téléphone, tu es en haut de sa liste d'amie. Avec des caractères spéciaux devant, pour te faire apparaître en premier dans un téléphone trop vieux.

"Ouais j'suis sérieux. Et non c'est pas le taff qui me pose tant de problème. Je veux dire, si tu en as marre de voir ma gueule, autant qu'on aille faire notre vie dans notre coin, non ?"


Cléo marque une pause. Il a la tête lourde, il a du mal à croire ce qu'il balance comme ça. Ce genre de petites phrases qui dépassent le stade de la provocation.
Ouais, Cléo ne comprends pas l'ironie d'Auster.

"Moi j'ai toujours été très clair, et t'es pas assez con pour rien capter. Alors, si je peux te capter pour m'en prendre plein la gueule. Je préfère aller voir ailleurs si j'y suis et vivre aussi loin que le lien me le permet. Toi, tu pourras retourner à Graisse, ta petite maison et ta petite voiture".


Cléo soupire. Il se lève et commence à enfiler son manteau. Il tend la main pour attraper ses lunettes de soleil sur la table.

"C'est mieux comme ça, non ?"

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